Band 
Tome cinquieme.
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LE TA I LL K U R.

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■’hlcau va se lever, quand l’auteur de la tragédie nouvelle l’aperçoit dans lacoulisse.

« Vous n’avez donc pas compris?- dit le malheureux au tragédien ; vous faites hco premier acte un prince déguisé.

— Déguisé, ou non, je vais entrer.

— Vous n’en ferez rien, vous donneriez le coup de mort a ma pièce. Montez dansvotre loge, vous avez encore le temps. »

Les trois coups frappaient les planches, le tragédien entra en scène.

« Vous n’y entendez rien, mon cer, dit-il a l’auteur qui tremblait de tous sesmembres, il vol mieux faire envie que pitié! »

La pièce fut sifllée dès la troisième scène, le parterre s’était changé en une hydreh mille clefs.

C’est au carnaval et dans l’enceinte flamboyante de Musard, que les habits du tail-leur costumier s’épanouissent et retrouvent leur jeunesse. Tirés de leur case parMoreau, Iluzel ou Babin, ils leur reviennent poudreux et troués comme après labataille, trop heureux quand leur collet, brutalement happé par la main d’un sergentde ville, n’a pas cédé! Il faut voir avec quelle minutieuse anxiété le tailleur observeleurs moindres égratignures ! Etendus sur sa longue table comme autant de blessés,empreints encore de l’odeur nauséabonde du bal public, ils se souviennent peut-êtreces pauvres habits (si tant est qu’ils aient une âme!) des charmants et joyeuxseigneurs qui s’agitaient jadis si complaisamment dans leur velours, courant duColysée au jeu de la Reine, et du jeu de la Reine aux soupers de madame d’Olonne.heurs paillettes détachées jonchent le sol, ils versent au pied du tailleur des larmesde perles. Ces pauvres habits de marquis passeront demain peut-être dans la valised’un premier amoureux, d’un chicardistc, ou d’un saltimbanque; ces robes de du-chesses serviront aux filles acrobates qui avalent des épées ! Ainsi va le monde, et lePlus beau livre du monde se cache peut-être chez le tailleur costumier, où dormenthtut de souvenirs perdus et tant de gloires éteintes.

Et maintenant que nous vous avons parlé du tailleur costumier, le roi de tous leshdlleurs selon nous, aurons-nojis le courage de reporter nos yeux sur trois types plusmodestes, mais que l’on ne nous pardonnerait pas d’avoir oubliés dans notre série?Nous voulons parler du tailleur ambulant, du tailleur d’étudiant et du taillcur-Porticr.

Si le tailleur d’un homme à la mode fait souvent crédit a son client, s’il acceptehumblement les conditions de ce Don Juan nouveau comme un autre M. Dimanche,'lue sera-ce, bon Dieu , du tailleur ambulant qui colporte avec lui sa marchandise?Il Vous cède un habit pour un vieux manteau ou pour des bottes trouées. L’elbeufet le bouracan deviennent pour lui un prétexte d’échanges lucratifs ; il voiture surs °u dos son fd, ses ciseaux et ses aiguilles. Établissant son échoppe au coin du vil-' a 8e, il raccommode les habits de la commune; met des morceaux au sacristain etMix enfants de chœur a bon compte: évite avec soin la gendarmerie qui lui demande-' a| l- sa patente, et retourne gaiement chez lui en montant sur le marchepied des'l'Ilgences.