LE TAILLEUR.
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études, et, nouveau Colombus ', il mit sur la route des nulle suçons que l’on fait maintenant auxtiabits.
« Je parlerais de Kléber (ne pas confondre avec l’illustre général), qui avait tant de talent et en-l '°t'e plus d’inconduite ; Kléber qui, grâce à la protection et aux secours d’un lord plus connu parlus folies qu’on lui prête que par ses bienfaits qu'on ignore, aurait pu arriver à la plus haute for-tune et qui mourut dans la misère. Je parlerais de bien d’autres encore; mais si je nommais tousee s tailleurs célèbres, tous ces maîtres qui ne sont (dus, il me faudrait, arrivant aux tailleurs ac-tuels, vous citer des noms connus aujourd’hui. Le ciel me préserve de le faire I parler des tail-leurs de cette époque-ci, monsieur ! époque d’anarchie s’il en fut jamais I époque de vanité où cha-cun se croit un génie, et où le plus pelit et le plus inconnu des tailleurs peuse avoir autant de ta-lent que le premier ! Non, non, monsieur, j’aime mieux me taire : je soulèverais trop de haines,et Dieu sait si mon obscurité me défendrait 1 Ou viendrait attaquer la véracité de mes rapports ;s °us prétexte que je suis portier, on dirait peut-être que je ne suis pas tailleur.
« Et qu’importe, après tout, que tel soit le premier et tel autre le second ; ce qui importe, mon-sieur, c’est le détail de l’intérieur des maisons, car c'est là seulement que se trouve le curieux, je'lirais presque l’inconnu de l’état.
«Dans le métier de tailleur, monsieur, nous avons d’abord l’ouvrier à la journée. Celui-ci porteI e nom de pompier. Vous qui êtes initié à nos vieux livres, savez-vous le pourquoi 1 ? Cet ouvrierest occupé en général à retoucher les effets d’habillement qui, ayant été essayés, ne satisfont pas'■empiétement le goût des pratiques. Ces retouches s’appellent poignards : savez-vous encore lePourquoi » 1
“ Ainsi la fonction ordinaire du pompier est de poignarder, ou de faire des poignards.
11 Les pompiers réunis forment la pompe. Il y a la grande et la petite pompe: la grande, poul-ies habits et redingotes ( grandes pièces la petite, pour les pantalons et gilets (petites pièces).
* Les chefs sont chefs de grande et de petite pompe.
* L 'atelier est composé eu partie de pompiers et en partie d’ouvriers à leurs pièces appelés"PPiéceurs. Le tout est sous la surveillance du chef d'atelier.
* Il y a une autre classe d’ouvriers connus sous le même nom d'appiéceurs. Ceux-ci travaillentriiez eux, se font aider par leurs femmes et leurs enfants. Us ont en outre un ou deux apprentis,tes apprentis étaient jadis appelés bœufs, aujourd’hui ce sont des tarlares.
* Ces ouvriers appiéceurs travaillant chez eux ont quelquefois un habit à faire à leur compte pouru n ouvrier d’une autre partie. Celui-ci amène un de ses amis qui, à son tour, en amène d’au-•res. Voilà une petite clientèle, et t'appièceur a franchi le premier échelon.
* Si le nombre de ses pratiques augmente assez pour qu’il ait à s’occuper, lui, sa femme, ses en-Itints et ses tartares, alors il envoie promener son grêle ( le maître gui t'occupait ), paye une pa-jçnte de 17 f. 50 c., et le voilà à son tour tailleur patenté. De là, monsieur, avec du talent et de
ac !ivité, il peut arriver au sommet. Il commence par chercher à se faire d’abord l’ami de quel-ques valets de chambre, il les habille à crédit et leur promet une belle gratilicalion, s’ils parvieu-Oent à le faire travailler pour leurs maitres. Ces valets de chambre, séduits par des manières si enga-inantes, lui promettent leur protection et déclarent n’avoir jamais vu un aussi habile tailleur '.
* Si ces messieurs réussissent, voilà notre appiéceur avec des pratiques d’un genre plus élevé.** u’a piu S i e temps de coudre, il cesse donc de croiser les jambes pour leur laisser reprendre une
Notre portier habille un professeur du collège Saint-Louis.
Nous avouons franchement notre ignorance et renvoyons la question ardue de 51. .Magloire à messieursl: I Académie des Inscriptions. Serait-ce parce qu’un jour d’incendie les ouvriers tailleurs à la journée^distinguèrent plus que les pompiers eux-mêmes ? Nous répugnons à croire que le sobriquet de pompierhué au divin Anacréon soit applicable aux ouvriers tailleurs à la journée.
^ Serait-ce parce qui 1 chaque retouche enlevant une partie du bénéiiee du maître, c’est comme un coupt l'oignard porté à sa caisse ?
'I. Slagloire dit vrai. La tyrannie des domestiques sur le tailleur est souvent portée à l’excès. O11 nepa jamais 'Ihéllé influence ils exercent. Les personnes même qui la subissent le plus ne s’en doutent^ ■ Si le tailleur n’est pas en bons termes avec le valet de chambre, il est perdu. Nous citerons un faite *que incroyable. Le valet de chambre d’un de nos dandys annonça un jour au tailleur de son maitre