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Tome cinquieme.
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LA PREMIERE AMIE.

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Enlin, lorsque la santé, cette compagne indispensable des plaisirs et de la folie,•tous abandonne pour nous punir d’avoir abusé d’elle; lorsque, couché sur notrelit solitaire, souffrant d’une fièvre brûlante, ou en proie à cette langueur qui estpire que la souffrance, nos yeux cherchent en vain autour de nous nos joyeux amis,••os sémillantes maîtresses, et tous ces gens si aimables dans le monde, qui fuient' aspect d’un malade, parce que cela affecterait leur système nerveux; une seulepersonne ne craint pas de venir s’attrister par le tableau de nos souffrances. A peinea-t-elle connaissance de notre maladie, que notre première amie accourt s’établirPt'ès de nous ; elle ne s’informe pas s’il y a du danger à respirer l’air que nous•espirons, à s’enfermer dans notre chambre, a presser notre main brûlante dans less iennes; elle fait tout cela; elle devient notre garde fidèle, c’est elle-même qui veut"nus présenter les potions bienfaisantes qui doivent nous rendre la santé. Tant que"nus sommes en danger, elle veille près de nous ; et la nuit, ne pensez pas que sesVeux céderont h la fatigue, au sommeil : son amitié, son dévouement, doublent sesInrces. Tant que nous aurons besoin d’elle, cette femme, en apparence si faible ,'levient forte et courageuse pour nous prêter son appui.

Lorsque enlin, grâce à ses soins, à son zèle, nous aurons recouvré la santé, notrePremière amie s’éloignera pour nous laisser de nouveau jouir des plaisirs de l’exi-stence ; mais si nous éprouvons des peines de cœur, si nous tombons dans l’infor-l, ine. si le fer d’un jaloux nous menace, si les veilles et les plaisirs ont altéré notresanté, celle que nous pourrions nommer notre ange tutélaire reviendra bien vitePrès de nous.

N’allez pas croire que la première amie ne se rencontre que parmi les liantesbasses de la société; il y a dans tous les rangs des sentiments vrais et de beaux"aractères : l’amour se glisse dans les chaumières, dans les ateliers, dans les bou-illies tout aussi bien que dans les salons, et plus souvent que dans les palais, où* ambition lui laisse rarement de la place. Un cœur capable d’un grand dévouementPeut battre sous la robe de bure, sous le déshabillé d’indienne, comme sous le,:a chemire et le salin.

La première amie de l’artisan est elle-même une modeste ouvrière; son cœurs est laissé prendre aux paroles doucereuses d’un maçon, d’un menuisier ou d’uniurneur; les discours de ces séducteurs ne doivent pas être bien fleuris, mais toutesl relatif : le maçon séduit par de lourdes plaisanteries, le menuisier par sa danse,le tourneur par la hauteur de son col de chemise; le principal est de séduire.( ' e s messieurs parlent mariage, c’est toujours avec ce mot qu’on attendrit les pe-l| les ouvrières. Mais il y a des volages, des don Juan parmi les artisans commePm’mi les étudiants et les dandys. La jeune fille est abandonnée de celui qu’ellea 'mait véritablement; elle devrait le haïr, elle devrait 11e plus le regarder qu’a-Vec mépris! Mais non, elle l’aimait si bien, qu’elle l’aimera toujours; quand ilPassera près d’elle en rougissant et détournant les yeux, c’est elle qui la premièrel,a lui parler pour lui dire : *

" Est-ce que vous 11e 111e reconnaissez plus?... Vous n’aiez plus d’amour pourUl °L mais je vous ' e à condition que vous’aurez toujours de l’amitié. Je