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el si bien calculés, qu’il ne se perd pas un atonie de force ; la vitesse est triplée-et dans moins d’une seconde l’on a placé une série ainsi composée : coups de poingsur le nez, sur l’os maxillaire et dans l’estomac; ou bien coup de pied bas, coupde pied haut, et coups de poing. Autrefois l’on ne faisait pas de séries, et l’on neliait pas les coups : un assaut actuel diffère autant d’un assaut ancien pour la dilfl'culte de l’exécution et la hardiesse des poses, qu’un morceau de Hertz ou de Kal'brenner d une sonate de Steibelt . 11 y a dix ans tout cela eût paru impraticable.
On se tromperait beaucoup si l’on représentait les maîtres de chausson commedes gens de carrure athlétique ; ils ne tiennent en rien de l’Hercule et du lutteur :ils sont ordinairement de taille moyenne, ont les extrémités fines et les mains p e "tites. — Plus d’une femme envierait les mains de Swift; mais ces mains délicates-si elles ont la blancheur du marbre, en ont aussi la dureté; et, détachées par l eSpuissants muscles des épaules, meurtrissent les chairs comme un caillou lancé pa*une fronde.
Maintenant que nous vous avons fait l’histoire et l’esthétique du grand art de lasavate, nous allons vous introduire dans une salle de chausson, celle de M. Lecour,qui est le professeur à la mode, et qui compte parmi ses élèves les lions les ph ,schevelus et les plus aristocratiques de l’Opéra et du boulevard de Gand. Vous voye*cette lile de cabriolets, de tilburys et de coupés qui stationnent il l’angle de la ruadu Faubourg-Montmartre, tout près du boulevard : hâtez-vous, c’est jour d’assaut, etvous auriez peine il trouver place.
La salle d’armes est au rez-de-chaussée, car le piétinement perpétuel serait insup'portable aux voisins les plus pacifiques, et les bourgeois proprets partagent la hainede Nicole contre les ferrailleurs et les déracincurs de carreaux : la première piè c ‘sert d’antichambre et de vestiaire ; contre le mur est appliquée une petite fontaimqui fournit de l’eau froide pour tremper les coins de mouchoir, quand il y a des ne#compromis a bassiner, ce qui ne laisse pas que d’arriver quelquefois.
La salle est une grande pièce tapissée de coutil, en forme de tente, avec n»plancher frotté au grès et a l’eau bouillante, pour que le pied morde bien et ne s«dérobe pas. Tout autour sont disposées des banquettes élevées sur une marche fi" 1encadre l’arène destinée aux combattants ; le long des murs sont accrochés les gantsde boxe des élèves, portant chacun leur numéro. Ces gants, dont les doigts ne son 1articulés que par-dessous, ressemblent a des traversins ; la peau est de buffle et I"garniture de crin. Les Anglais remplissent les leurs avec la plume; mais la plume-plus moelleuse d’abord, ne tarde pas a se tasser en paquets, et devient plus dureque le crin. A côté des ganls qui font trophée avec les masques, pendent les cannes elles bâtons de longueur.
Les assistants sont rangés au plus près du mur, afin de ne pas gêner les coml> altants; et, pour ne pas être atteints, dans les coups de grande volée, par les cannesdes maîtres qui font assaut, chacun tient en main un bâton dans la pose d’arrêt, cequi donne à l’assemblée l’apparence d’un chapitre de chanoines assis dans l curSstalles un cierge a la main.
Le coslume du maître est très-pilloresque ; il consiste dans un pantalon de Im'"'