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LE S URGENT DE VILLE.
l’ourse défendre contre île semblables ennemis, il,fallait à la société une armelerrible, une puissance occulte, active, vigilante, qui fût toujours l'a, sur tous lespoints, à toute heure, en tout lieu, pour voir, saisir et frapper le coupable. Lasociété étant impuissante à se protéger elle-même, sa sûreté devait nécessairementdevenir l’objet des soins empressés de tous les gouvernements.
La police fut établie.
Invisible réseau, géant aux mille bras, aux mille oreilles ; fantôme à la marclicténébreuse, la police est là qui, nuit et jour, veille sur la cité. Pour elle, jamais derepos, jamais de nuit. La lin du jour n’amène pas la lin du travail, elle lui apportaun nouveau labeur. Sa lâche est celle des Danaïdes; c’est une tête qui conçoit sanscesse, et dont les bras sont toujours en activité. Sa pensée est constamment éveillée,ses mouvements se croisent sans jamais s’arrêter. Les fêtes se succèdent pour nous,sans qu’il y ait de fêtes pour elle ; les plaisirs passent près de nous, nous entrai'lient, nous enivrent;.,, il lui est défendu de jamais s’y mêler. Il faut qu’elle nousprotège et soit à chaque instant prête à crier à ses agents, comme les hommesd’armes du moyen âge : « Sentinelles, veillez-vous? »
Si la police s'arrêtait un jour, la société sciait perdue : vous verriez surgirai 1milieu des places publiques ces hommes dont Paris même semble étonné; qui P a "laissent sortir des entrailles de la grande ville, que l’on voit seulement dans lestristes jours oii l’émeute promène sou drapeau sanglant, et qui sont vomis ô e?cloaques de la cité; alors le pillage, le vol, le meurtre, se dresseraient effrontémentà travers la capitale effrayée; mais la police, par bonheur, ne s’endort jamais.
Dans un quartier désert de Paris , côte à côte avec les prisons, le dispensaire, h'Morgue et le palais des robes noires, entouré de rues au nom juif , se cache, obscmet honteux, un monument aux teintes blafardes, sur le portail duquel l’œil l ,e,liencore distinguer ces trois mots : Préfecture de pouce.
Vu dehors le silence, au dedans l’activité. Les ordres sont donnés, se croisent, seIransmellent, s’exécutent avec rapidité, mais toujours mystérieusement. Parfois u"
bruit de chevaux se fait entendre dans la cour et vient troubler la lranquilH |e
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l’hôtel ; des hommes armés escortent une voilure cellulaire : c’est une brigade de 1gendarmerie départementale qui accompagne le triste panier à salade oii se t |C "entassée la pâture ordinaire de la police correctionnelle ou de la cour d’assises-Souvent aussi, comme pour donner plus de variété à ce sombre tableau, s’avanceune bonne ligure bien pure, bien honnête, bien confuse de se trouver en si ma"vais lieu, s’arrêtant au milieu de son chemin, et n’osant demander la porte du h"reau. Ah! celui-là n’est pas de l’hôtel assurément; c’est quelque pauvre diable d"vient chercher sa feuille de route, ou quelque chasseur de la plaine Saint-Denis-On a bien crié après la police; il y a longtemps que le mépris des hommes et ^haine des voleurs l’ont traînée au pilori de l’opinion publique. Honnêtes genscoquins se sont donné la main pour maudire l’ennemi commun, parce d l,edénonciation répugne au cœur des hommes, même les plus pervers Puis l eSgueurs de la police sont cruelles, chacun doit s’y soumettre, chacun doit vonintérêts privés froissés en faveur des intérêts généraux; dès lors on murmure co