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elle. Plus elle est rigide, sévère, juste pour tous, plus elle s’attire de haines. Elleest destinée par sa position à être éternellement placée entre chaque homme indi-viduellement et tous les hommes, entre vous et la société entière; aussi vous gêne-t-elle dans ses plus minimes dispositions.
La police est une triste nécessité, mais c’est une nécessité véritable dans uneville immense comme Paris . Sans elle que deviendrait la société? Sa vigilance esttelle qu’elle semble exercer un pouvoir mystérieux et surnaturel. Peu de criminelsParviennent à lui échapper; il est rare qu’un forfait demeure longtemps impuni.Avec un nombre d’agents fort restreint, elle peut surveiller la Conduite des forçatslibérés qui rompent leur ban, et des voleurs qui cherchent sans cesse ii mettre seslimiers en défaut. Chaque soir le préfet de police doil connaître en une heure toutce qui s’est passé dans la grande ville.
Celle force, cette activité, sont le résultat d’une centralisation parfaite. Le publicignore entièrement cette organisation curieuse, avec laquelle il est si souvent enrapport malgré lui, qui le protège à son insu, et pour laquelle il ne trouve que destermes de mépris. Dans le type de l’Agent de In rue de Jérusalem, c’est le portraitdu mouchard, de l’agent secret qui se cache dans l’ombre, tantôt sous la blouse del’ouvrier, tantôt sous le frac de l’élégant, que nous venions livrer à la publicité; au-jourd’hui, pour compléter ce tableau, nous peiudrons les agents ostensibles em-ployés par la police, et les ressorts de cette administration si peu Connue de nosjours. Le portrait du Sergent de ville viendra tout naturellement se placer dans cecadre pour lequel il a été créé; mais il est nécessaire de remonter aux sourcesthèmes de cette institution.
Avant la révolution de 89, la ville de Paris avait pour chef de sa police un lieu-tenant général de police, institué par déclaration royale le \ 8 avril H 674. Cette chargecomprenait celles du lieutenant de police et du lieutenant civil au Châtelet, aboliesà cette époque. La création de la préfecture de police, telle qu’elle est aujourd’hui,date du 17 ventôse an vin (1800).
Le préfet de police a pour devoir de veiller à la sûreté, à la tranquillité de la cité.Il a dans ses attributions tout ce qui concerne la municipalité, la sécurité publique,les intérêts des citoyens 4 . Sous ses ordres se trouvent immédiatement les cinquante-six commissaires de police, les officiers de paix auxquels on vient de donner toutcécemment ce nouveau costume : — habit bleu a retroussis, broderie de branche dechêne en argent aux parements et collet, chapeau a trois cornes, ceinture bleue,épée au côté ; les inspecteurs des ports, les commissaires de la Bourse , des halles,
4 Au préfet de police appartient la délivrance des passe-ports, des cartes desûreté; la surveillance des*'eux publics, des maisons publiques, des filles soumises, des permis de séjour, des dépôts de mendicité.^vagabondage, les prisons, la répression des attroupements, les cultes, l'imprimerie, la librairie, lesihédtres, les débits de poudre et salpêtres, le9 ports d’armes, la petite et la grande voirie, la voie publique.* e commerce, la bourse, les ports, la salubrité, les incendies, les marchandises prohibées, les établisse-ments dangereux et insalubres, les monuments publics, la recherche des crimes et délits, les hôtelsifarnis, les repris de justice, la surveillance des condamnés, le balayage, les inhumations, les parfumeurs,Pharmaciens, herboristes, sages-femme9, boucliers, cafés, les fêtes, les illuminations, les bals publies hen Nn tout éo qui concerne la municipalité rentre dans ses attributions.