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Tome cinquieme.
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LE SEKGENT l>E VILLE.

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se servaient de leur ascendant sur ces pauvres filles en faveur de leurs passions,alors une telle organisation, loin d’être salutaire, deviendrait monstrueuse et neservirait plus qu’à la corruption.

Ilien que ces femmes, une fois admises sur le registre, soient à jamais perduespour la société, la police s’est pourtant préoccupée de leur sort. Elle a comprisqu’elles seraient chaque jour par leur position confondues avec le reste de la société,qu elles vivraient, malgré leur honte, dans la vie commune, et qu’elles devien-draient dangereuses si elles n’étaient l'objet d’une surveillance assidue. Depuisdouze ans, l’administration s’est constamment efforcée de les renfermer chezelles, de les cacher aux regards de tous, de leur interdire l’accès des promenadespubliques, où, par leur présence, elles exposaient les honnêtes femmes aux insultesdes passants. Il n’était plus possible, comme au moyen âge, de leur donner unetoilette distincte : c’eût été les enseigner à tous; la police fit mieux, elle ne les toléraque sur certains points, et veilla sévèrement à ce que leur mise fût toujoursconvenable. La moindre infraction est durement punie ; un pouvoir absolu sur ellesest donné au préfet, qui peut les condamner à plus d’une' année d’emprisonne-ment, et des agents spéciaux, chargés des maisons de tolérance, veillent sans cessesur ces femmes et sur les filles insoumises, qu’ils conduisent au bureau des mœurspour requérir leur inscription.

Ce n’était pas assez de maintenir l’ordre dans une classe aussi dépravée, il fal-lait encore songer à la santé de ces malheureuses. Le dispensaire fut créé, et di*médecins furent chargés de ce pénible service, dont l’utilité .ne saurait être tropappréciée. Toutes les femmes, soit en maison, soit en carie, passent chaque semaine’sous l’examen minutieux du docteur qui se rend auprès d’elles et signe leur feuilleou donne l’ordre de les diriger sur Saint-Lazare. Le seul reproche que l’on puisseadresser à ce mode d’administralion, c’est de ne pas enlever à l’instant même fa sfemmes malades, d’attendre souvent au lendemain pour les envoyer à l’hospice, cld’exposer ainsi le public à devenir victime de la cupidité dès maîtresses de maison-

Le bureau du dispensaire est ouvert chaque jour, non-seulement a toutes les filfa sde cette classe, mais encore à beaucoup de femmes que la police est forcée de tolé-rer, et auxquelles elle délivre des cartes que celles-ci ont soin de tenir secrètes-

Triste et obscur, refoulé dans l’étroite rue de Nazareth, voisin de la préfecture <1°police, le dispensaire se cache honteusement dans une maison d’apparence fort sus-perle. Il semble que ce quartier, juif par le nom de ses rues, juif dans son origi*' 6 ’soit destiné à servir de cénacle à toutes les misères de la société. Là, se trouve I ePalais de Justice, où s’agite sans repos la classe infatigable des plaideurs, et dans fasein duquel viennent se dérouler tant de drames lugubres; ici, les prisons quivident chaque jour et sont toujours pleines; plus loin, la Morgue et ses froidedalles tout humides encore du passage des noyés ; puis le dispensaire qui ouvre s* 1porte au vice pour en garantir l’humanité; enfin la Préfecture, dont l’œil d'Arg usse promène de haut sur la cite, et dont la mission est de toujours châtier, jamai*récompenser. Il n’y a donc autour de cet hôtel que des plaies, de la honte etdésespoir. A ses cûlés le vice, le crime, l'infamie, avec les prisons, le Palais ou