LE SERGENT DE VILLE.
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Morgue ; a ses pieds la fange du dispensaire ; partout de la boue et du sang : toutesles misères, toutes les douleurs, toutes les corruptions de la société se sont réfu-giées l'a ; il n’y a que l’air qui lui soit pur, que le ciel où l’on puisse sans craintelever un regard tranquille, parce que l'a seulement se trouve l’œuvre de Dieu , etqu’elle seule est toujours chaste de toute souillure.
Tel est le personnel administratif de la police générale ; passons promptement à lapolice municipale 1 .
Seize agents parviennent le plus souvent à la découverte des crimes commisdans Paris . Chargés de visiter les hôtels garnis, ils prennent chaque jour le nomet le signalement des individus qui entrent ou sortent. Dès qu’un crime esteonnu, les inspecteurs s’informent du nom des gens absents de l’hôtel à l’heureoù le forfait a dû avoir lieu, puis à l’instant même on fait arrêter tous ceux quiparaissent suspects. La plupart du temps, ce sont des forçais libérés, des repris dejustice ou des hommes sans aveu. Il est bien rare que le coupable ne se trouve pasparmi ces figures patibulaires 2 .
Il y a quelques années, lorsqu’un bon habitant de Paris rentrait chez lui long-temps après l’heure antique du couvre-feu, il rencontrait parfois sur sa route uneescouade d’hommes se glissant avec lenteur le long des maisons, ne trahissant leurprésence par aucun bruit, et le brave homme pouvait continuer sou chemin en toutesûreté ; la patrouille grise avait passé parla. Aujourd’hui la patrouille grise n’existePlus, elle a été remplacée par les rondes de nuit qui fontce service de concert avec lagarde municipale et les patrouilles de la garde nationale. Lorsque le jour a fui, quandonze heures ont sonné à l’horloge de la Préfecture, vous voyez sortir et se diriger en•ous sens, dans les quartiers les plus déserts, ces agents ténébreux chargés de veiller bla sûreté commune. Un honnête citoyen vient-il b passer, leur présence le rassure ;on ivrogne a-t-il roulé dans le ruisseau, ils le relèvent et le couchent au violon,he malheureux, sans ce secours, pouvait être écrasé par les nombreuses voitures'lui arrivent approvisionner la ville entre deux et trois heures du matin. Mais sur-vienne un voleur, ah ! comme de bons limiers, les voilà sur sa piste. Ils se lancenta sa poursuife : laissez-les faire, il n’échappera pas.
* Un chef, un sous-chcf, huit employés sédentaires, vingt-quatre oflicicrs de paix, environ six centsAgents de ville, des inspecteurs de police, les agents des rondes de nuit, seize inspecteurs des hôtelsgarnis, les trente-deux agents du service de sûreté, occupés à surveiller les repris de justice et à leurPrestation, voilà toute la police chargée de protéger la ville de Paris . A une heure donnée de la journée,agents placés pour la surveillance d’un même quartier sc réunissent dans une maison indiquée et sous^ présidence d’un officier de paix, dressent leurs rapports qu’ils envoient à la préfecture.
3 11 existe à Paris quatre mille garnis, et le mouvement journalier des entrées et sorties doit être évalué* 'leux mille cinq cents. Le nombre des bulletins envoyés à la préfecture par les inspecteurs des garnisest d'un million environ par an, et l’on ne compte pas moins de soixante mille personnes logeant en^Pni. Les dépenses de la préfecture de police sont moindres qu’on ne pense, et sont réglées chaque année* Vcc exactitude. Le conseil municipal vote les fonds à employer pour la police municipale, et les pièces( ‘°inptahles, après avoir été examinées par le conseil, passent encore sous les yeux de la cour des comptes,j^ant aux fonds secrets, ce sont les chambres qui les volent. Ces fonds s'élèvent annuellement, pourc Ministère de l'intérieur, k trois millions environ, ce ministère verse à peu près trois cent mille francsSlu la préfecture de police, cl les agents secrets, même ceux employés pour la polilhpie, sont rétribués surC( dte somme.