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Tome cinquieme.
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LE SERGENT DE VILLE.

Ce sont, du reste, les seules patrouilles vraiment, utiles avec celles de la garde mu-nicipale. Les hommes qui composent ces rondes nocturnes se répandent silencieuse-ment au nombre de sept, et s’échelonnent de distance en distance de manière à pou-voir facilement se porter secours en cas d’attaque; ils ont soin également de nepoint éveiller les soupçons des voleurs, de ne jamais donner l’alarme à ces travail-leurs de sinistre passage, et de pouvoir les envelopper sans difficulté dans leursrangs, qu’ils resserrent au premier signal. Leur costume est simple, léger surtout-pour leur permettre de courir plus facilement lorsque le voleur tente de s’échap-per. Leurs armes se composent d’un sabre qu’ils tiennent caché sous le bras; I e111 ’marche est toujours lente et mesurée. Laissons donc passer ces agents protecteurs,la terreur des assassins, la sécurité des citoyens attardés ; et si, comme je le pense,vous vous êtes parfois trouvé seul au milieu des rues de la capitale, entre une ettrois heures du matin, regardant avec soin autour de vous chaque visage qui pas s<>dans l’obscurité, vous tenant prêt 'a tout instant pour l’une de ces attaques moinsrares qu’on ne le suppose, vous avez dû souvent, à cette heure, remercier dansvotre pensée la ronde nocturne qui se glissait en silence auprès de vous et vousrassurait par sa seule présence. Quant aux patrouilles que la troupe de ligne et lagarde nationale envoient se promènera travers la ville endoi’mie, elles sont assuré-ment très-bonnes pour remettre dans leur route les Trinquefort qui reviennent d°la barrière la tête légèrement émue par les fumées du vin a six; mais il suffit dejeter un seul coup d’œil sur leur costume et sur leur allure pour se convaincre é eleur insuffisance.

Le service de nuit que fait la troupe de ligne pourrait être assurément aussi utileque celui des agents de police ; seulement il faudrait la débarrasser de cet énormefusil qui gêne les mouvements sans être d’aucune utilité ; en outre, il est un repr°"che plus grave qui doit trouver sa place ici, puisque nous traitons de futilité é eSrondes nocturnes. Ce reproche, c’est de ne pas laisser au sous-officier qui com-mandent la patrouille la possibilité de s’écarter de la route tracée, en sorte fi lies’il entend les cris de détresse d’un homme assassiné dans une rue voisine, il ,,epeut lui porter secours si cette rue n’est point indiquée sur son itinéraire. Quant ala garde nationale, sans parler du fusil de munition, du bonnet h poil qui écrasele grenadier, des buffletcries qui étouffent le plus zélé citoyen, il est mille autrescauses qui nuisent à l’efficacité du service de ces soldats amateurs; et pour ne p aSnous étendre plus longtemps sur ce sujet, disons seulement en passant que les bon smots lancés en patrouille, les éclats de rire, sont un assez mauvais moyen de sur-prendre les voleurs en flagrant délit.

Les patrouilles de nuit sont d’une utilité incontestable; sans elles, Paris serai 1livré au pillage et au meurtre, comme au quatorzième siècle. Depuis quelques années, on s’est efforcé d’apporter des améliorations a ces rondes vigilantes, et la f°lice a compris la première qu’il était moins nécessaire d’avoir des hommes armesjusqu’aux dents, que des agents vêtus à la légère pour ne perdre aucun de lr ,,r 'avantages sur les voleurs. Voilà pourquoi tour à tour ont disparu la patrouille gi' lS ^le chariot découvert qui porta la nuit une escouade de la police dans les rues