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Paris , pendant une année au plus, pour faire place à des agents plus utiles. Depuisquelque temps on remarque un nouveau service : c’est celui que font les patrouillesde jour. Ces agents, envoyés par la police, circulent sur les boulevards de distanceen distance ; dans peu d’années, on espère pouvoir les répandre dans toutes lesrues de Paris , et principalement sur les boulevards extérieurs, où leur présenceest trop souvent nécessaire.
La nuit est termiuée, les rondes reviennent en silence, dressent leurs rapports,et vont chercher le sommeil. Alors vient le tour du sergent de ville : à lui mainte-nant de garder Paris , 'a lui de veiller a sa sûreté. Ce n’est point un mouchard, cethomme ; il ne se cache pas dans l’ombre, il n’a point jeté dans un coin son costumeofficiel pour se couvrir du masque de l’espion ; jamais il ne s’est introduit dans lesein des familles pour scruter les consciences, ni dénoncer la pensée; jamais nonplus il ne s’est paré de faux titres, de fausses décorations, comme plus d’un baronde l’empire ou de la restauration. Si la croix des braves rayonne sur sa poitrine,c’est qu’il l’a noblement gagnée en soutenant aux frontières l’honneur du nomfrançais , comme savent le défendre nos soldats.
Le sergent de ville à Paris , c’est le gendarme en province ; c’est la providence ducitoyen paisible, la terreur des criminels. Sans lui, vos femmes, vos mères, vossœurs, seraient à chaque instant exposées aux grossièretés du premier manant. Aqui s’adressent-elles dans la rue, en votre absence, pour faire cesser ces lâches in-sultes? Au sergent de ville seul, car cet homme, c’est la loi en costume officiel.
A ces agents, les travaux, les ennuis, les dégoûts; à nous les plaisirs et la joie.Lorsque Paris voit s’éloigner les beaux jours de l’été; lorsque les fêtes, les bals sesuccèdent; quand le carnaval déroule dans les salles publiques ses longs chaînonsde masques bigarrés ; quand tout Paris danse sous les transports d une lièvrechaude, un seul homme reste impassible au milieu du tourbillon. Debout, im-mobile pendant toute une longue nuit, il voit le plaisir voltiger en riant autourde lui sans pouvoir jamais y prendre part. De douces paroles d’amour se mur-murent à son oreille, il ne doit pas les entendre ; de voluptueuses images delemmes passent et repassent sans cesse sous ses yeux, il doit les voir sans émo-tion. La loi veut que le sergent de ville n’ait aucune passion. Le sommeil appesanti!ses paupières alourdies, la lassitude accable ses membres; il doit rester debout etveiller sans repos.
Enfin, après cinq mortelles heures, la fin du bal semble approcher, la lu-mière du matin perce a travers les vitraux du foyer, les danseurs de la sallebrillante désertent la scène de celte joyeuse nuit de bal masqué ; le sergent dev »lle, brisé par la fatigue, cherche avec hésitation une place où il puisse se dé-•asser un moment. C’est l’isolement surtout qu’il demande, car il a peur de vos mé-pris; c’est en tremblant qu’il ose s’asseoir près de vous, il ne vous parle pas, ilPorte seulement un regard inquiet autour de lui pour voir si les danseurs ne fui-r °nt pas avec indignation la banquette sur laquelle il ne craint pas de prendreQuelque repos, si des chuchotements railleurs ne vont pas le punir durement des *> témérité. Il ne vous adressera jamais la parole le premier, il apprécie bien sa