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Tome cinquieme.
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LE JESUITE.

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repousse toute conciliation connue une réparation insuflisanle, cl appelle les par-ties à l'audience. Alors, devant un nombreux auditoire, jetant sur l’accusé desregards pleins d’une teinte colère : « Monsieur, lui dit-il, vous avez calomnié votremaître; apprenez que les jésuites sont des gens d’esprit. » Et après cette verte re-montrance, le maître triomphant salue et remercie le juge intègre, au milieu desrires de l’assemblée.

L’inexorable opinion proscrivait tout contact avec ces religieux et la plus timidebienveillance pour leur ordre; elle ne pardonnait pas d’innocentes relations de po-litesse, et sur le soupçon d’un tel crime elle brisait ses idoles les plus chères. Ons e rappelle encore ce magistrat éminent, peu suspect sans doute de fanatisme re-ligieux, qui compromit dans une visite a Saint-Aclieul une popularité immense,mille fois perdue depuis, et mille fois retrouvée : c’était pour avoir pris place dansmie procession solennelle ; c’était pour avoir, certes, par convenance plutôt que parPiété, accepté un cordon du dais qu’il reçut la dure flagellation du blâme public, etHue, tout meurtri par les coups de la presse, il fut confondu sans pitié avec ses ennemis.

Les jésuites, abolis autrefois, et rétablis en 1814 par le pape Pie VII , s'intro-duisirent en France à la suite des Bourbons. Ils restaient cependant sous le coupdes arrêts d’expulsion prononcés par les parlements ; et pour qu’on no les invoquâtPas contre eux, ils prirent le nom de Pères de la Foi, nom nouveau qui ne réveillaitaucun souvenir fâcheux. La chose leur importait plus que le mot. Impatients derelever parmi nous l’influence de la religion, et de préparer à l’Église une généra-tion plus Adèle, ils fondèrent de nombreux séminaires ’a Aix, à Billom, h Bordeaux ,ù Dole, a Forcalquier , a Mont-Morillon, à Saint-Acheul et à Sainte-Anne d’Auray,°n des milliers d’élèves venaient recevoir des leçons depuis bien longtemps ou-bliées. Mais combien ces écoles différaient de celles qui avaient autrefois fondé lagloire de leur ordre. Ecoulez les récits du temps : quels terribles mystères s’ac-c omplissenl dans ces classes ténébreuses! quels drames funèbres s’y préparentdans le silence! Ce n’est plus ces retraites pacifiques d’où, livrés h des travauxobscurs, les Porrée, les Brumoy , les Jouvency, répandaient sur le royaume, comme’m témoignage éternellement vivant de leur savoir, une famille d’illustres génies,bes Bourbons, les Condé, les Soubise, les Luxembourg , les Montmorency, les Ri-chelieu, les Choiseul, Larochefoucauld, Bossuet, Fénelon , Huet, Lamoignon, Sé-guier, Ponlchartrain, d’Argenson, Pothier, Montesquieu, Maupeou, Molé, Descartes ,Cassini, Tourneforl, Corneille, Jean-Baptiste Rousseau, Crébillon, Molière , Fonle-helle, Voltaire , La Condamine, Mirabeau, et tant d’autres, sortis de ces écoles," ont plus pour successeurs que de stupides fanatiques prêts à exécuter tous lesCr imes au premier signal de professeurs prêts à les commander. Les classes se sontchangées en champs de manœuvres, le son delà cloche studieuse a fait place aubruit guerrier du tambour, et ces écoliers de nouvelle espèce, plus habitués à ma"’er des armes que des livres, un poignard a la main, et pleins de sinistres projets,n ’ovoquent maintenant que le dieu des batailles. Dans ces redoutables maisons scArment, pour un avenir prochain, les champions d’une guerre acharnée contre laliberté, contre les lois, contre le pays; soldats déterminés h fermer l’avenir aux lia