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lions, et à rétablir pur la persécution et par la violence un passé odieux et si labo-rieusement aboli.
Cette année criminelle avait établi son quartier général dans la maison professede Montrouge , d’où l’on craignait à chaque instant de voir sortir quelque conspira'lion gigantesque. C’était de la que parlaient lous les ordres, c’élait la que se tra-maient tous les complots; combien de projets inconnus aux autres membres de laCompagnie! combien de secrets menaçants se cachaient impénétrables derrière lesmurs de ce cloître ! Quelques pères y étaient enfermés : agités par de grands etcoupables desseins, ils affiliaient a leur ordre les jésuites de robe courte, et intro-duisaient leur influence dans toutes les classes de la société, dans toutes les fa-milles, au coin de tous les foyers. Les yeux incessamment fixés sur la fortunepublique et sur le pouvoir, double objet de leur convoitise, ils n’épargnaient rie»pour extorquer l’une et conquérir l’autre.
On prouvait, pièces en mains, ces dernières accusations. On retrouvait dans lapoussière des bibliothèques un livre venu on ne sait d’où, et depuis un siècle etdemi invoqué bien des fois contre l’ordre. La France frémissait en lisant ces Jlonitasécréta ou instructions secrètes qui partaient, disait-on, de Rome , et qui, dévoila» 1aux plus dévoués des Pères les secrets des plus viles passions, leur commandait d fs’en faire les passifs instruments. Code repoussant de l’hypocrisie et de la cupiditémanuel pratique de la scélératesse, ce livre avait des préceptes pour tous les crimes-Attirer, par les dehors d’une pauvreté menteuse, les aumônes dont se grossissaie» 1des trésors cachés avec soin, s’emparer de l’oreille des princes, favoriser leurs viceset leur libertinage, suborner les serviteurs, espionner les consciences, se mêler atoutes les intrigues, échauffer toutes les querelles, envenimer toutes les guerres,et accroître leur puissance en réparant le mal qu’ils avaient fait, circonvenir l eSmourants, diviser les familles, arracher des héritages à la faiblesse et à la peur <le speines éternelles, tel était le devoir de ces hommes inspirés par Rome, et guid eSpar le fanatisme.
Mais ce n’était rien encore, et la chambre des méditations surpassait de bien le» 1toutes les sombres iniquités dont la maison de Montrouge était le théâtre. Reno»'velée des guerres civiles qui accueillirent dans son berceau la Compagnie de Jésus ,elle rappelait les sauvages fureurs de ces temps malheureux. Dans celte chai»bi efatale se formaient au meurtre les ennemis des rois. Lin jésuite, entouré de se sfrères, recevait en ses mains un poignard consacré : « Va, lui disait-on, pour exaltesou courage, va, mignon de Dieu, élu comme Jephté , voila le glaive deSamson, I®glaive de David, duquel il trancha la tête a Goliath, le glaive de Judith, duq» eelle trancha la tête à Holopherne, le glaive des Machabées et le glaive dosai»JPierre, duquel il coupa l’oreille à Malchus, le glaive du pape Jules II , avec lequel 1arracha des mains des princes Péruse, Imola, Faenza, Forli, Pologne et autres vill eS >avec grande effusion de sang. Va, sois homme robuste, et le Seigneur assure tes pas ”
Tous alors tombaient à genoux, et l’un d’entre eux faisait cette conjurai »» 1 ’
» Venés, séraphins, trônes et dominations, venés, anges bienheureux, pour ret»plir ce vaisseau de gloire immortelle, cl lui apportés présentement la couronne de