LE JESUITE.
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«lent pas, ainsi que les procès vulgaires, au bruit de toutes les passions que soulè-vent les rivaux, car trop facilement ces passions agitent l’esprit des juges.
Reprocher aux jésuites leur zèle pour la papauté, c’est repousser la raison même deleur existence. Nés pour soutenir le grand principe de l’autorité, ils devaient mou-ler jusqu’à ce qu’ils rencontrassent l’autorité la plus haute, et pour eux, pénétrés<l’une foi sincère, elle ne pouvait résider que dans l’homme que Dieu lui-même ena fait le souverain interprète,, car lui seul est infaillible, et possède la vérité. Leglaive spirituel qu’il tient en ses mains est supérieur au glaive temporel qui charge•es mains des princes, comme la raison est supérieure au corps; aussi l’État doitêtre soumis à l’Église, la seconder humblement sans la dominer jamais'. Un sem-blable système est une conséquence et non pas un crime. En vain l’on voudraits’arrêter, et séparer le temporel du spirituel : cette distinction subtile n’est qu’uneImpuissante barrière que les mains les plus fortes tâchent a grand’peine de placers Ur un terrain toujours mouvant, et qu’elles reculent sans cesse sans pouvoir laHxer jamais. Le puissant génie de de Maistre 2 , la robuste logique de M. de Lamen-nais 3 , emportés par la vérité, ont franchi cette barrière où sembla trébucher unInstant Bossuet lui-même, cet autre génie égal aux plus grands. Si les jésuites ont«U a soutenir tant de combats, et ont mérité tant de reproches, c’est qu’ils s’épui-
saient sans fruit à rétablir sur le trône pontifical une autorité qui avait passé dansd’autres mains, et dont les dépositaires nouveaux devaient accabler les maîtres enfindépossédés.
Et d’ailleurs l’esprit hésite à juger dans cette cause, où, des deux côtés, se pré-sentent des témoignages également respectables, et qui ne semblent pas permettredoute de traverser un instant notre esprit. Comment condamner des hommes'lue défendaient Baronius, Bossuet , d’Aguesseau, le chancelier de L’Hospital, leCrémier président Christophe de Thou? Comment absoudre des hommes que con-sumaient le grand Arnaud, Pierre Nicole , Pascal, et tout Port-Royal, abattu par,e urs efforts, Eustache du Bellay, l’historien de Thou, Sully, le président Ilénault,bente-sept arrêts d’expulsion, et plus de quatre-vingts censures ecclésiastiques? Etfiu’importe a notre temps de juger leur histoire : privé a jamais de toute influenceParmi nous, leur ordre est proscrit par nos lois, et ses membres n’ont plus d’autredroit que celui d’invoquer la liberté promise à tous, et de mériter le respect parle ur zèle et par leurs vertus.
Livré au travail de la prédication bien plus qu’aux exercices ascétiques de laPrière, confondu dans le monde, avec ces pasteurs spirituels qui dirigent le peuple,61 ramènent au bercail les brebis égarées, et non pas renfermé derrière les murs^ Un cloître pour chercher une perfection qui ne profite qu’à lui seul ; membre duc * er gé, mais séparé de lui par des règles qui lui sont particulières, et impriment à* es travaux plus de force et d’unité, le jésuite n’attire pas comme les autres moineses égards de la foule par un costume monastique : son habit est celui des prêtres;S| niple comme il convient à des hommes qui ont promis de rester pauvres, il change