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Tome cinquieme.
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LE JESUITE.

suivant l’usage des pays divers qu’ils habitent, et si des occasions solennelles lesobligent à se couvrir de riches étoffes, ils doivent bientôt proscrire un luxe donts’offense leur humilité.

Tout, dans leur vie, est prévu avec minutie, est réglé avec rigueur. S’ils mai-client, que ce soit à pas lents, d’une façon grave et modeste ; que leur tête baissée,leurs regards fixés sur la terre ne se détournent pas avec distraction ; que leur frontsans rides dise à tous la pureté de leur âme, que leur visage plein d’une sérénitéreligieuse ne porte aucune trace des passions qui agitent le monde, et que leurslèvres entr’ouvertes ignorent a la fois les éclats d’un rire mondain et la contractiond’une soucieuse tristesse ; s’ils parlent, que leurs yeux ne rencontrent pas les re-gards de celui qu’ils doivent édiGerpar leur maintien autant que par leurs paroles •telle est la règle, telle est la loi.

Le jésuite se doit tout entier au ciel et à son ordre. Rien ne saurait le distrairedes travaux et des pensées qui augmentent la gloire du premier et la prospérité dusecond ; à peine sur le seuil de son cloître, le novice oublie toutes les affectio° scharnelles pour les parents et les amis qu’il avait dans le siècle, et n’éprouve pl uSpour eux que ce spirituel amour qui, confondant tous les hommes dans un sentiment commun, les chérit en vue du ciel et dans le sein de Dieu ; au milieu de s eS

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frères, il évite autant que des haines ces amitiés vives, ces relations intimes,préférences, sources de tant de reproches, de tant de plaintes, qui troubleraient s °"impassible quiétude; mais il embrasse dans un même esprit tous ceux qui partag elltsa vie, et qui servent Dieu sous le même drapeau.

Pour arriver a ce renoncement, qui est comme la table rase sur laquelle l’ordr®fait ensuite reposer sa grandeur, le novice doit être soutenu par une vocation p 3 ' ssanté. Le noviciat n’ouvre pas ses portes au hasard devant un zèle mal assure d eses propres forces : il ne faut dans son enceinte que des cœurs résolus. Le fid®' equi veut être admis, interrogé d’abord sur son état, ses goûts, sa famille, 11 eS (encore dans la maison qui lui sert d’asile qu’un étranger, un hôte que la soci eleveut connaître, et qui veut la connaître à son tour. La, condamné à la solitude eau silence, il médite les règles de la société, et apprend à les aimer en même teïUp 1 ’qu’à les connaître. Enfin, quand après douze jours, après vingt, quelquefois, d 3traversé le temps de la -première probation ou des premières épreuves, q lial ’dans un examen nouveau, il a prouvé qu’il connaissait les lois sous lesquelles ^s’engageait, et qu’il était prêt à les observer et à s’v plaire; quand sa vocation ^certaine, il découvre les secrets les plus intimes de sa conscience et de sa vie «confesseur de l’ordre; il communie, et, prenant le nom de novice, il entre danstemps des secondes épreuves. _

Dans la maison de probation le novice est encore libre. Hier il interroge 3 ' 1volonté, aujourd’hui il consulte ses forces. Toutes les fatigues, tous les travaux a 3 *quels le jésuite est destiné, il les essaye là pendant deux années d’une vie austèf etour à tour humble pénitent, ou apôtre infatigable ; il exerce son esprit à l’orf» 8 ®^à la contemplation des mystères de sa foi et à la connaissance de lui-même ; ‘venu infirmier, il veille au chevet des malades, et bientôt il quitte la maison, s