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Tome cinquieme.
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Si Hameau a dit quelque part qu’il pouvait mettre eu musique une gazette hollan-daise, les maraîchers de Paris auraient pu lui répondre : Nous ne sommes pas d’aussigrands harmonistes que vous; nous n’avons à notre disposition ni le simple ni ledouble contrepoint; l’imitation nous est aussi inconnue que la fugue; quant au ca-non, nous ne connaissons que celui des Invalides ; et pourtant nous avons mis enmusique bien autre chose encore, des choses tout aussi peu poétiques que les huîtresd'Oslende et la hausse et la baisse des papiers d’Amsterdam , et les connaisseurs trou-vent que nous n’avons pas toujours été au-dessous de l’auteur de Zoroastre, . d’//i p-polytc et J riric , même si l’on considère celles de ses pièces où la poésie lui a lemoins manqué ; nous chantons avec un certain goût les choux, les carottes, les ha-ricots, les pommes de terres, la ciboule, et, qui le croirait? l’ail et l’oignon , tousensemble quelquefois, comme dans cet échantillon : Choux, naeets, carottes,oignons.

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Ce qui doit accompagner les mets servis sur la table du riche, et ce qui entre dansle pot au feu de l’humble veuve, tout fait partie du domaine des maraîchers, etsouvent leurs jolies mélodies relèvent, avec une rare concision , une grande élo-quence populaire, les légumes les plus anlipoéliques et les plus rafraîchissants.

Voyez, par exemple, ce que le seul artichaut de Laon nous a valu : le terrain mu-sical de Rameau n’eùt peut-être pas été si fertile; il aurait difficilement créé desproductions aussi parfumées, aussi jolies, aussi originales; écoutez celte premièremélodie: J nichants, des gros artichauts!

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et celte autre, moins originale, mais non moins gracieuse : Artichauts !

el celle-ci, tout aussi digne d’être notée:

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