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Tome cinquieme.
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LES MARAICHERS.

l’une avec l’autre devant le tribunal des illustrations musicales, et de tous ceux quipersistent à refuser au peuple l’imagination et la poésie :

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las, des ros’s! Mcs-dsm’s, des ros’s, des li - las, des ros’s, des li - las des ros’s!

On peut bien manger de l’ail durant toute l’année lorsqu’on est un amateur décidé,mais ce n’est pas un goût universel ; les fleurs, quoique plus généralement appré-ciées, n’ont qu’un temps; une saison est donc consacrée à l’ail, une autre aux fleurs ;pendant l’hiver, notre marchande débite des croquets d’anis, à l’aide d’un chant quej’ai fait connaître dans le Pâtissier; enfin elle vend encore de l’amadou et des allu-mettes , et a composé pour ces mêmes objets cette quatrième mélodie : Amadou!

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Un jour cette pauvre femme, après des temps meilleurs, se vit forcée de suspendrel’éventaire devant son tablier, et de descendre dans la rue pour y trouver, dans unrude métier, les huit ou dix sous indispensables à son existence quotidienne. Ëcou-tez-la raconter elle-même ses premiers essais :

«Comment faire pour attirer l’attention des acheteurs? Il fallait chanter; mais,avant de chanter, il était nécessaire de composer une petite mélodie. Je devais vendredes croquets d’anis, et je me mis à m’exercer tout bas dans ma chétive mansarde;je mourais de peur qu’on ne m’entendit, car, n’étant pas au nombre des heureux dela terre, il me semblait qu’en chantant je faisais une chose défendue. Quand j’eusarrangé mon cri, je descendis toute tremblante, je cherchai les rues les plus som-bres , les plus éloignées des quartiers où j’étais connue : j’essayai de chanter, mais lavoix se refusait à sortir de mon gosier. Il fallait pourtant que ma journée se fit, et,après bien des efforts, je vins à bout de me faire entendre. Mais ne voilà-t-il pas quetout le monde s’arrêta autour de moi, qu’on acheta mes croquets à l’envi, que biendes personnes me dirent : Madame, que vous chantez bien ! et que même les damesde la halle me félicitèrent en me proclamant l’une des meilleures crieuses de Paris .»

Les quatre mélodies de cette marchande sont empreintes d’une grande originalité;