324
LES MARAICHERS.
elles sont de plus fort jolies, et remarquables surtout en ce que, nées dans une man-sarde et sur la paille, elles sont le produit de la misère et de la détresse.
Après les légumes et les fleurs, viennent tout naturellement les fruits. Ici se déploieune nouvelle armée de chanteurs; les femmes et les jeunes filles arrivent avec despaniers, des corbeilles, chantant la belle groseille :
La bcIP gro-idir, deux sous la iiv T !
ou la soi-disant cerise de Montmorency. La vente des cerises a produit ce joli chant :A la douce!
doue', à
la douc'l
D’autres promènent les reines-Claude avec cette gracieuse mélodie : A deux sousVquartl
A deux sous l’quar • trou U leiii’-claiid’!
deux sous i’quar • trou
ou avec celle-ci :
Voi • là dis reinVclaud’s.tiO'» sous le quai-l'ion; de» li-gue?, de* û-gucsl
On chante encore les châtaignes ; mais les vendeurs ambulants de cette espèce defruit deviennent de plus en plus rares. Autrefois on entendait toute la journée criei'dans les rues : Châtaignes !
^ —&— il
aujourd’hui le marchand de châtaignes ne vend plus que des marrons. Quand vient
l’hiver, les marchands de gaufres qu’on a vus, pendant la belle saison, sur les pr°'menades et les places publiques, travailler pour ainsi dire au vol, s’établissent surle seuil des boutiques de marchands de vin ; ils y élèvent un fourneau en télé, tou-jours allumé, sur lequel ils font tiédir, cuire, chauffer, réchauffer et recuire deschâtaignes, qu’ils décorent pompeusement du nom de marrons de Lyon .