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LES MARCHANDS D’USTENSILES DE MÉNAGE.
magasin d’une fleuriste ; charrette et roues disparaissent au milieu de celle gracieusearchitecture, et c’est à peine si l’on découvre le marchand lui-même, qui chemineen simple blouse, chantant sa mélodie:
Mar - chaud d’pn - niers, voi • là l’mar - chaud!
Il n’y a pas jusqu’au quadrupède attelé à ce magasin ambulant qui n’ait une appa-rence de coquetterie : c’est ordinairement un animal de bonnes manières, soigneuse-ment peigné , portant la tête haute comme s’il avait la conscience de l’impor-tance de ses travaux; il chemine gravement, en agitant une énorme sonnette,semblable à celle du sacristain qui accompagne un enterrement, et cache sesmembres élégants et sveltes sous une chape de balais et de brosses qui représenleassez bien le caparaçon et les panaches des chevaux des pompes funèbres.
Le marchand de paniers et de balais me rappelle une femme juive que j’ai vue àRome , et qui ne cumulait pas; elle se bornait à raccommoder les vieux paniers.Souvent elle marchait en compagnie d’un raccommodeur de chaises, dont la mélodiem’a également paru digne d’être notée :
!4r
Ëo • co • lo ic - (lia • ro.
Je ne saurais me dispenser, en quittant le marchand de balais, de mentionner au
moins sa parenté avec le marchand d 'éponges, et de noter le cri de cet industriel,
qui d’ordinaire repousse obstinément le cumul auquel se livre son avide confrère:
Arh’-tez df# é-ponp’n, \ 'là !e ma: cliand !
Le marchand de baguettes me semble être aussi de la même famille, quoique pla ct *
sur un échelon bien inférieur. Une aventure qui faillit devenir tragique lui a donné
pourtant une certaine célébrité. Inspiré par l’exemple de quelques autres crieurs,
notamment de marchands de paillassons et de marchands de peaux de lapins, q ll >’modifiant leurs cris avec une certaine licence, adressaient aux dames de petites chan-sonnettes, au grand scandale même de la police, dont l’oreille est si dure en pareilcas, le marchand de baguettes voulut aussi se faire remarquer par quelquepoésie de son invention. Un beau jour il sortit, criant à haute voix , et avec un véri-table amour-propre d’auteur : Bâtiez vos canapés, battez vos habits, battez vosfemmes, pour un sou! Sa mauvaise étoile le conduisit au milieu du marché du Templeoù chacun sait que les femmes sont en force. A peine ce cri : Battez vos femmes! eut-il traversé les galeries, qu’une sainte indignation courut dans tous les rangs de !<•phalange féminine ; un formidable escadron sembla sortir des profondeurs de I- 1