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Tome cinquieme.
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que lui presque, ils s’occupent du prix des denrées et du cours des marchés. Au-jourd’hui que l’agriculture est une science, le propriétaire est un industriel.

Le propriétaire parisien n’a point a se préoccuper de tout cela ; il lui importe peuqu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige : il ne redouterait pas la grêle s’il n’avait desvitres, et les orages l’inquiéteraient médiocrement si ses maisons, ses chères maisons,n’avaient des tuyaux de cheminées. Ce propriétaire-la semble n’être venu au mondeque pour percevoir les termes échus; quatre fois par an, a des époques trop bienconnues pour qu’il soit besoin de les rappeler, il appose sa signature au bas depetits chiffons de papier, et va voir au soleil si les asperges poussent. Son Dieu , safoi, sa loi, c’estle terme ; hors du terme point de salut ; qui le paye est honnête, quile doitcst fripon. Le propriétaire n’a pas d’autre évangile.

Que de fois le locataire, en le voyant frais, calme, reposé, tenant dans sa main lesfatales quittances tandis qu’une confortable robe de chambre balaye le tapis sur sestalons, ne l’a-t-il voué au diable, lui, ses quittances et sa robe de chambre!

Mais vous ne savez donc pas, ô locataires mes confrères, que vous êtes sa grêle,sa pluie, sa neige, sa tempête, il ce pauvre propriétaire? Si sa personne est a l’abrides intempéries de l’air, sa bourse ne peut se garer des crises qui troublent l’har-monie de vos revenus! Lorsque le propriétaire campagnard énumère les calamitésqui rongent son patrimoine, comme les inondations, les chenilles, la sécheresse,les sauterelles, et qu’en manière de péroraison il murmure il la queue de son homélie :« Je donnerais toutes mes terres pour une bonne maison, » le propriétaire citadinsourit, croise les bras, hoche la tête et répond victorieusement a cette série de dés-astres par un motseul : Le locataire ! Dans sa bouche ce mot prend des proportionsgigantesques ; il résume toutes les infortunes; ainsi que la boîte de Paudore tenaittous les maux, il renferme dans ces quatre syllabes le germe de tous les ennuis :dégâts, refus de payement, citations, saisies, procès. Et cependant s’il n’y avait pasde locataires, que deviendraient les propriétaires? La conscience qu’ils ont de l’ab-solue nécessité de ce mal leur permet seule d’en supporter l’amertume. Et d’ailleursl’expérience n’apprend-elle pas au philosophe à tirer un peu de bien de touteschoses? Ils se soumettent donc et acceptent le locataire en raison du loyer.

Si les propriétaires parisiens ont des analogies qui donnent â leurs physionomiesun air de parenté, il ne faut pas croire cependant qu’ils soient tous d’un caractèresemblable et sans individualité aucune. Bien que tous reliés les uns aux autres pa rles invisibles liens de la protubérance dont nous parlions tantôt, ils ont chacun enquelque sorte des habitudes et une spécialité; si le fond ne change guère, ils sontvariables dans la forme; néanmoins nous vous engageons à ne pas trop gratter celtemince surface, déposée comme un sédiment par le flot des circonstances, sinonles teintes s’en effaceraient bien vite, et vous retrouveriez le propriélaireà cheval surle terme. Sous quelque habit qu’il se cache c’est toujours le même moine.

Dans une ville où le terrain mouvant delà fortunea tant d’agitation ctde caprices,il était impossible que quelques spéculateurs ne fissent pas marchandise de la pro-priété. Ils bâtissent des maisons comme d’autres fabriquent des pièces de toile pouiles vendre. Ils s’en débarrassenl aussilôl qu’elles ont arboré sur leur faîte le dra-