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Tome cinquieme.
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LE I> B OP B I ET Al U E.

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Quelques propriétaires, héritiers des traditions du grand siècle et ne voulantpoint se commettre avec leurs commensaux, se donnent le luxe d’un intendant.Il y a bien aussi une pensée politico-économique dans l’adjonction de ce fonction-naire intime dont l’espèce va s’amoindrissant. Pour si développée que soit laprotubérance de l’acquisivilé, on n’en est pas moins homme ; quoiqu’on soit pro-priétaire, il y a toujours dans le cœur une corde sensible qui vibre parfois; or, lesvibrations de cette corde se résolvent en soustractions; ce n’est point l'a le comptedu propriétaire qui aime les revenus inaltérables. Cependant, comme il ne peut sedéfendre des pleurs de la veuve et des prières de l’orphelin qui rognent le budgetannuel, il met entre sa sensibilité de propriétaire et les souffrances du locataire unbouclier vivant et imperméable qu’il revêt de toute son autorité. Ce bouclier, c’estl’intendant; les larmes n’ont aucune prise sur son habit noir. Inflexible commela loi, il fait sommation de payement au moindre retard, et ne tarde pas a appe-ler l’huissier a son aide pour procéder a la saisie et faire déménager l’ameuble-ment en place du Châtelet. Quand un locataire, plus adroit ou plus tenace, arrivejusqu’au cabinet du propriélaire, celui-ci se retranche derrière son incompétence,et, prétextant de son ignorance en matière d’argent, il éconduit le solliciteur qu’tlrenvoie à son intendant. « Arrangez-vous avec lui, dit-il, c’est son affaire; je nedemande pas mieux qu’il puisse vous accorder un délai. »

Le locataire part; mais l’intendant a des ordres souverains. La charte que lepropriétaire lui a concédée ne se compose que d’un article unique : « Les loyersseront payés en totalité et sans retard, aux termes échus. »

Les propriétaires ont aussi leurs excentricités.

11 en est qui ne veulent admettre sous leurs toits aucune espèce de chiens, sipetits qu’ils soient. Les Kincfs Charles, ces aristocratiques animaux qui se peuventcacher dans un manchon, ne trouvent même pas grâce devant eux. La loi de pro-scription s’adresse à la race entière, aux terre-neuviens comme aux Bleineintf-Le concierge est chargé, sur la responsabilité de ses appointements, de l’exécutionde l’ordonnance, et il s’en acquitte en homme qui sait que l’introduction d unchien équivaudrait â une destitution.

Mais il ne faut pas croire que l’ostracisme s’étende seulement aux chiens présentespar les locataires, il s’applique aussi aux chiens qui viennent en visite; aussitôtqu’ils sont aperçus, ils sont arrêtés et mis en fourrière dans la loge du portiei-Volontiers, s’il l’osait, le propriétaire ferait graver au seuil de sa porte inhospd 3lière ce distique tyrannique :

Aucun chien ne passera,

Ni caniche pareillement.

Si les chiens sont proscrits dans un grand nombre de maisons, il en est d’autr e! ’où les chats ne sont que tolérés. Certains propriétaires inquiets les soupçonnentvéhémentement de détériorer, par leurs ébats nocturnes, les régions aériennes deleurs immeubles; ce son! eux qui, pendant les heures sombres où l’amour les fait