Mi PROPRIETAIRE.
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voltiger rie gouttières en cheminées, dégradent les ardoises, ébranlent les tuiles etgrattent le zinc. Les vieilles filles arguënt vainement de la légèreté du chat; n’im-porte : aucune objection ne peut apaiser l’esprit prévenu du propriétaire; il fautque tout individu de la race féline aille porter ses pénates ailleurs.
Mais ce n’est pas tout encore. Que les propriétaires proscrivent les chiens et leschats par respect pour leurs toits et leurs escaliers, cela s’explique: mais queplusieurs d’enlre eux aillent jusqu’à exclure les enfants, voilà ce qui ne se com-prend plus, et voilà pourtant ce qui est. Nous n’inventons pas, nous faisons toutbonnement de l’histoire. Il y a des maisons où les jeunes Français au-dessous desept ans ne peuvent pas loger; le propriétaire barbare leur refuse impitoyablementla porte. Le père de famille qui, sur la foi des usages, a imprudemment arrêté unappartement dans la maison d’où l’enfance est bannie, voit sa progéniture con-signée sur le trottoir, quand il vient prendre possession de son nouveau domicile.C’est en vain qu’il réclame : le propriétaire, par l’organe du portier, est inflexible ;tous les pauvres petits chérubins, en robes blanches ou en vestes bleues, sont re-poussés; les frais sourires et les blondes chevelures ne peuvent rien sur un cœurqui appartient tout entier aux moellons et aux briques. Le propriétaire sait que lesdoigts de l’enfance sont parfois barbouillés de raisiné, et il a peur pour le stuclustré de ses murs. 11 ne veut que des célibataires; quant aux enfants, ils peuventrepasser dans quelques années, lorsqu’ils seront majeurs, et, si la maison estencore debout, le propriétaire les recevra.
Mais le propriétaire ne borne point là ses tyrannies : soucieux de la moralité deses pensionnaires, il lui arrive quelquefois d’exiger de tous ceux qu’il tient sousclef, des mansardes au rez-de-chaussée, une vertu digne de concourir au prixMonthyon. Voulant à toute force faire leur salut éternel, il rétablit au profit de leurâme une règle sévère empruntée à quelque défunt ordre religieux. Afin de mieuxleur ouvrir les portes du paradis, il leur ferme la sienne quand ils s’avisent decogner après onze heures de la nuit. Ceci prouve, pour le dire en passant, que rienne passe : le couvre-feu vit encore en plein Paris . Malheur au locataire indigneatteint et convaincu d’avoir, ne fût-ce que pour une heure, donné asile à quelquefille d’Ève! son congé lui sera signifié soudain, et le portier, commis à la garde dela vertu, le priera, en voilant sa face, de chercher gîte ailleurs pour son immoralité.
Nous savons de ces couvents-là même dans le deuxième arrondissement, celuides douze enfants de Paris qui marche le plus avant dans la voie de la perdition.
S’il est des propriétaires qui ne veulent pas que minuit trouve personne éveillésous leur toit, il en est d’autres qui ne veulent pas qu’on s’amuse chez eux. Lavalse leur inspire une horreur dont ils ne peuvent se défendre, et le seul mot degalop les fait pâlir. Aussitôt qu’ils entendent parler de bal, ils s’épouvantent: si lelocataire persiste, ils le menacent d’un procès, et feraient intervenir au besoin leshuissiers jusqu’au milieu des quadrilles. Ces propriétaires prudents, qui ont desentrailles de père pour leurs parquets, savent tous les mystères des constructionsparisiennes ; ils n’ignorent point combien leurs maisons ont la constitution délicate,et ils se gardent de l’exposera mourir au printemps de leurs jours. Cependant,
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