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Tome cinquieme.
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362
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Ions les pays, les besoins d'une aussi immense population, et les prodigalités dubudget mettent continuellement en circulation?

Comment saisir les traits et le caractère de celle population d’ouvriers, trilmnomade et changeante que l’imprévoyance de la police, qui n'a pas su encore trouver les moyens d’établir une juste proportion entre l’ouvrage à faire et les bras itemployer, laisse se recruter dans tous les pays dece qu’ils ont de gens inoccupés, mécon-tents, aventureux, avides ou déréglés? Dans cet effrayant pêle-mêled’individus entas-ses et juxtaposes sur un seul point, sans un lien qui les réunisse, sans une loi qui lesdiscipline, sans un intérêt général qui lasse un corps de tous ces membres désunis,et leur donne l'harmonie entre eux elles moyens d’être sans Iroilbier l'harmoniesociale, I on trouverait plus facilement un spécimen de toutes les populations na-tionales et étrangères, (pie le type qu il s’agit de reproduire : l’artisan qui, né dansla capitale ou depuis longtemps domicilié dans ses quartiers populeux, s'est iden-tifié à sa vie, à son soleil, à son air, à ses mœurs, à ses habitudes, et traverse encédant plus ou moins, ou en résistant courageusement à son influence, ce torrentd’idées contraires, d’agitation, de somptuosité, de misère, d’espérance, de décep-tion, qui bouillonne et fuit autour de lui... l'ouvrier de Paris en un mot.

Kestreint dans les limites d’un cadre étroit, notre crayon s’attachera aux (railsgénéraux de l’espèce, sans s’assujettir aux particularités des classes qui peuvent ladiviser. I/ouvricr sera pour nous ce qu’il est pour le Dictionnaire : Celui qui e.rixte.du produit de quelque métier, relui qui trarnille de In main. Nous le prendronsdans le milieu de celle vaste chaîne de travailleurs dont les salaires plus ou moinsélevés,et les occupations plus ou moins artistiques, forment les différents anneaux.L’est le supposer par conséquent à l’abri des mauvais conseils de la misère et del'ignorance, et, des distractions abrutissantes que le pauvre cherche au cabaret con-tre cette terrible préoccupation de chaque jour : « Aurai-je du pain demain? » Koconsacrant ces quelques lignes à l’ouvrier, nous ne vous attristerons point parlapeinture des défauts et des vices qui s’asseoient trop souvent aux derniers degrésde l’échelle industrielle... défauts qu'il faudrait peut-être moins attribuer à la cor-ruption qu’à la misère! Quoi qu’il en soit, l’homme qui travaille à Paris , qui ac-cepte une vie concentrée, laborieuse, régulière, au milieu de tant de dissipations,dentraînements ; au milieu de tant de métiers faciles, dégradants ou illicites, celui-là fait acte de courage, de vertu cl de lorce ; son nom est honorable comme celui du sol-dat ; et, de même que l’artiste charge de représenter le soldat ne choisit pour son modèleni le lâche tournant le dos a l’ennemi, ni le déserteur quittant, son drapeau, l’écri-vain, pour peindre l’ouvrier, ne fera point, poser devant lui l’ivrogne ou le débauché !

Que de choses renfermées dans ce simple litre : l'Ouvrier de l’aris! Le travail cll’obscurité, la souffrance et la résignation, les saintes joies de la famille et toutes lesangoisses de l’époux et du père, la raison aux prises avec toutes les tentations,toutes les séductions, I espérance et la gaieté adoucissant les souffrances du pré-sent, l’économie veillant pour les besoins de l’avenir, la bonne conscience char-mant les souvenirs du passe, l’oul est là dedans, depuis l’Immble mansarde où, sem-blable a l’oiseau qui se rapproche du ciel pour s’eu faire mieux entendre, il abrite .