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mières. Lu vie pratique est devant lui, avec ses dures nécessités, ses enseignementsinfaillibles ; aidé par les solides axiomes et les sévères jugements que prononce, au-tour de lui, le bon sens populaire, il a vite pénétré le sens de ces instructions. SiTentant de Paris n’a pas d’innocence, il a quelque chose de mieux peut-être, il peut,il sait juger les hommes ; car il a étudié la vie de l’homme avant qu’elle commençâtpour lui. Comme le petit paysan assiste sans cesse au développement des loismatérielles, ainsi l’enfant de Paris assiste au développement des lois mora-les. L’un sait que le blé produit le blé, que l’ivraie produit l’ivraie, qu’il fautsemer pour recueillir; l’autre voit que le mal produit le mal; le travail, le bien-être ; l’oisiveté, la misère ; les passions, le désordre, la ruine, le malheur! A chacund’eux, la nature et la société apportent l’expérience. Pour le jeune villageois, elleest doucement lente et se complète en son temps, comme ces beaux fruits que l’arbreréserve a sa soif; pour le Parisien, c’est un fruit précoce, mûri par les orages, etqu’il ne recueille pas sans des dangers infinis. En effet, son jeune cœur ne s’échauffepas toujours impunément au souffle desséchant des vices de ce monde. Le mauvaisexemple, ce précepteur corrompu qui lui présente palpitant le mal que sa raisoncondamne, et l’appuie dans ses faiblesses en les lui montrant chez les autres, lemauvais exemple ne perd pas sa fatale influence sur cette jeune âme qu’il stimulesans cesse. Il y a, chez l’enfant de Paris à peine devenu jeune homme, des annéesd’entraînement, de fougue, de folie, années de crise qui décident presque toujoursde sa carrière future.
Mais par bonheur pour lui, a cette instruction pratique ou indirecleque lui donnele monde, il a joint aussi, quelque courte qu’en soit la durée, cette éducation, laplus sûre et la plus prompte de toutes : l’éducation religieuse. Oui, l’applicationdes idées religieuses au maintien des lois de Tordre constitue seule aujourd’huila force par laquelle la société résiste encore a tous ces sophismes qu’on invente, àtoutes ces passions qu’on allume, à toutes ces convoitises qu’on excite, à tous cesgriefs qu’on exagère : coups de bélier incessants avec lesquels l’orgueil, la faussescience et l’esprit de désordre viennent frapper la base de cette société ébranlée !Oui, c’est en vain qu’on ferait valoir les rapports qui peuvent exister entre l’in-térêt particulier et l’intérêt général ; c’est en vain qu’on se servirait de l’empire deslois et de la crainte des punitions, ce contraste habituel de plaisirs et de souffrances,de rires et de pleurs, de richesse et d’infortune, de luxe et de misère, ce spectaclequ’offre le monde social est trop révoltant; et la faim, la colère et l’envie se seraientdéj'a déchaînées contre cet amalgame d’injustice et d’hypocrisie, d’égoïsme et defausse philanthropie, de tyrannie réelle et de liberté menteuse, si les hommes qui en-durent cet état de choses n’étaient pas des chrétiens f Ce sont des chrétiens, vous dis-je,à leur insu peut-être ; mais leurs héroïques sentiments de patience, de résignation,d’assurance placée ailleurs qu’aux choses de la terre, d’où sont-ils descendus dansleurs cœurs, si ce n’est de la croix? ils les ont sucés avec le lait de leurs mères, sigénéralement chrétiennes; ils n’ont passé qu’en courant dans l’église, et ce momentd’adoration a suffi pour développer le germe religieux en leurs cœurs. Tout vieil! enaide 'a la croissance de celle hysope salutaire, et le baptême de leurs enfanls, et le