5 KG L’OUVHIIiH l)li l’A Itl S.
ii parts aux yeux des simples et des habiles, aux yeux des entants et des hommes(i faits... »
Il fut un temps où de vieilles coutumes, de vénérables institutions qui, remontant dans la nuit des siècles, se rattachaient aux premiers et généreux efforts denos aïeux pour s’affranchir du joug féodal, venaient se joindre à ces enseignementsreligieux et à l’autorité du père de famille, et atténuaient, pour le jeune ouvrier,les dangers de la première fougue, des premiers enivrements de la vie. Alorsl’émulation, l’ordre, l’obéissance, la discipline indispensables dans toute granderéunion d’hommes, régnaient dans l’atelier; alors cette surabondance de force,de courage et d’énergie dont nos travailleurs ne savent plus que faire, trouvait ase dépenser ailleurs que dans les estaminets, les billards', " ' éàlrc du mé-
lodrame, ailleurs que dans les distractions plus coupables et plus dangereuses descoalitions et des attroupements. Chaque ouvrier avait devant lui, en effet, un butauquel il ne pouvait atteindre qu’après de longs et dms efforts. Dans ce temps-là.il y avait une aristocratie pour le travail, la bonne conduite et l’habileté : c était lamaîtrise, cette pairie des arts et métiers, celte magistrature conservatrice, intelli-gente, courageuse et tidèle des statuts, règlements et privilèges qui gouvernaient etprotégeaient ces grandes et respectables corporations d’ouvriers que l’on commence'a regretter. Chaque corporation, hiérarchie de l’atelier, reflet de l’autre hiérarchiesociale, avait ses degrés a franchir. Une grande distance séparait l’apprenti du com-pagnon, une plus grande distance s’élargissait entre le compagnon et le maître...Cel tes, il faut envisager les institutions du point de vue moderne : ce n'est pointle rétablissement des abus que consacrait l’édit de 15X1, dont on pourrait de-mander le rétablissement. Ces privilèges accordés aux fils de maîtres, privilèges siénormes, qu’ils tendaient à établir une sorte d’hérédité dans la maîtrise, cellemultiplicité de frais et de formalités de réception, la longueur de l’apprentissage,la servitude prolongée des compagnons, tout cela méritait bien d’être frappé parla réforme de 1770 ; mais avec ces abus se trouvaient d’excellentes mesures d'or-dre, de sûreté et d’organisation, et, comme le disait dernièrement M. Arago, c’é-tait là ce qu’il fallait dégager de ces codes obscurs rédigés par l’intérêt particulier,souvent au préjudice de l’intérêt général, et adoptés sans examen dans des tempsd’ignorance. Cn affranchissant l’exercice du commerce et des professions, des gênesque les anciens statuts leur imposaient, en assurant aux talents et à l’industriecelte sage liberté qui doit exciter l’émulation, sans introduire la fraude et la li-cence, il fallait conserver les règles qui assuraient la dise ' e intérieure, le bonordre, et donnaient une garantie à la tranquillité publique, Eh bien, la police desjurandes remplissait admirablement ce but. lit voyez quel démenti le temps et l’ex-périence ont donné aux paroles du ministre qui porta ce grand coup à l’anliqueconstitution de l’industrie française! Turgot , dans son exposé des motifs, commel’on dirait aujourd’hui, a écrit les phrases qui suivent : « Nous ne serons point ar-« rôlés dans cet acte de justice par la crainte qu’une foule d’artisans usent de la« liberté rendue à tous pour exercer des métiers qu'ils ignorent. Nous ne craindrons« pas non plus que l'affluence subite d’une multitude d'ouvriers nouveaux ruine