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Leux-la consentent à travailler à la tâche et non à la journée, nouveaux ennemi*qu’il parle d’assujettir a une règle commune! Ses délassements et ses plaisirs seressentent de cette humeur taquine et guerroyante : la guinguette et le cabaret sontdevenus des rendez-vous où l’on cabale, où l’on forme des plans de coalition; sescris sont des menaces; ses chants, des appels à la guerre et à la révolte...
I£t pourtant on ne peut s’empêcher d’appliquer aux ouvriers de nos jours cesparoles de Voltaire, en parlant des gentilshommes de son temps : « Ces fous sontremplis de valeur et d’esprit. » Quand on cause avec eux, on est étonné de cette fa-cilité de conception avec laquelle ils saisissent tous les sujets qui touchent de prèsou de loin a leur état. Semblez-vous douter qu’ils vous aient compris, ils appellentle dessin a leur aide, et en quatre ou cinq traits de craie ou de pierre noire, ils vousont tracé sur la muraille les différents objets dont vous leur parlez, bien mieuxentendus que vous n’eussiez pu les exprimer vous-même. Leur intelligence, onle sait, se restreint avec peine pour ne pas franchir le but qui leur est indiqué.Aller de l’avant est le caractère de leur esprit. Ce besoin d’action et de mou-vement, ce pas de charge continuel qui vibre a leurs oreilles les jette sur lesquestions les plus ardues de l’organisation et de l’amélioration sociale, comme ilpoussait leurs pères contre les murs de la Bastille et, plus tard, sur les redoutes dela Moscowa... Où et quand s’arrêtera cette grande impulsion? a quelle sagessesera-t-il donné de prononcer cette grande parole : l'u n'iras pas plus loin! Quellemain touchera a cette cage étroite où se débattent ces aigles sans espace autourd’eux et sans air pour leurs ailes, et osera a la fois élever ses barreaux assez pourqu’on ne craigne pas de s’y briser la tête, et leur donner une solidité telle qu’il n’yait pas de risque pour eux au moindre effort, au moindre mouvement des géné-rations dans la voie du progrès?
Nous espérons que le bon sens populaire prévaudra sur l’impatience, sur lesmauvais conseils de ceux qui voudraient exploiter cette fatigue de la souffrance etcet empressement qu’elle éprouve h chercher, à embrasser, coûte que coûte, lesmoyens d’arriver à un meilleur sort. La violence, la précipitation, enlèvent à lameilleure cause son caractère de justice, de raison, et c’est avoir doublement droitque de faire valoir son droit avec sagesse, douceur et modération : pourquoi n’enserait-il pas ainsi de nos ouvriers? Chacun de ces individus, dont la réunion tur-bulente effraye le gouvernement et la propriété, et tient en baleine la police, a dansle cœur toutes les qualités qui font le bon citoyen, l’utile travailleur. Qu’un événe-ment imprévu, une impérieuse nécessité vienne mettre en action tous ces élémentsde fraternité, de dévouement, de charité et de patience, et vous verrez ce que peut letravail ennobli parla constante idée de l’accomplissement d’un devoir!
Celni-lh, en recevant la bénédiction de son père mourant, a recueilli avec Ici'"veur, avec amour, le legs du pauvre ouvrier : la charge d’une mère devenue in-firme. Depuis lors, il est devenu l’honneur, l’exemple de l’atelier où il travaille. Lesouvenir de la promesse faite a son père l’exalte et le fortifie sans cesse. Il comprendmaintenant et goûte dans toute sa douceur la volupté d’un devoir rempli avec dé-vouement. avec, amour, loule la semaine, il a travaillé avec couraae. avec assiduité.