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Tome cinquieme.
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et le liiinaiictie appartient à sa mère. Lorsqu’un rayon de soleil vient égayer le joui«lu repos, il promène doucement la pauvre femme aveugle; il la mène respirer l’airdes champs ou des bois, et sentir les parfums des fleurs, qui ne peuvent plus charmersa vue. Il a suivi, maintes fois, ces sentiers, entraînant sur les frais gazons de frin-gantes et rieuses filles; alors son pas était léger, ses sens émus, sa voix sonore ;aujourd’hui, calme et recueilli, il écoute, plein d’une sainte émotion, les conseilstrop longtemps oubliés de sa mère, il rêve un avenir calme, tranquille et doux oùles pieuses voluptés du cœur s’unissent aux joies de la famille.

Celui-ci s’est constitué l’appui, le soutien, le mentor d’une jeune sœur, le seulbien que ses parents lui aient laissé avec l’exemple de leur bonne et honorable vie.Il a réformé sa conduite pour avoir lé- droit de surveiller le trésor qui lui a étéconfié. Des leçons de morale, de sagesse, viendraient mal et perdraient leur poidsaprès une visite au cabaret et une station à la guinguette ; en disant à sa sœur :« Sois sage, modeste, rangée! » il veut pouvoir parler avec aplomb, il ne véut pasrougir ; il ne veut pas, surtout, entendre sa conscience lui crier : Oses-tu conseillerles vertus que tu pratiques si mal ? Je connais un jeune ouvrier qui, dans cetteposition, a poussé ses délicates et paternelles attentions jusqu’à l’épurement de sonlangage ; il a banni tous ces mots sans façon qu’accueille l’atelier, et quand sescamarades riaient de ce puritanisme : «Vous n’avez pas, comme moi, une lille àélever, leur répondait-il; il ne faut pas que Susanne entende cela : je parle biendevant elle pour qu’elle ne pense pas mal derrière moi! »

Parmi les causes qui décident et maintiennent l’ouvrier dans ses généreuses résolu-tions de travail et de bonne conduite, il n’en est point déplus puissante, et, ajoutons-le,déplus généralement victorieuse que son entrée en ménage. Le mariage est, pour Tou -vrier, la crise morale qui détermine d’une manière irrévocable la bonne ou mauvaisedirection de sa vie. On comprend, en effet, l’insouciance ou la paresse dans un jeunehomme ne demandant au travail que la satisfaction de ses propres besoins ; en facedu peu d’importance qu’il met à ce résultat, et de l’effervescence de son âge debruit et de folie, son défaut d’application et d’assiduité peut s’excuser à la rigueur :il ne fait tort qu’à lui seul, après tout. Mais quand l’existence d’une femme, lebien-être d’une famille dépendent de sa conduite à l’atelier, il n’a plus d’excusepour faire passer les entraînements de mauvaise habitude et de dangereuse camara-derie ; s’il s’y laisse eucorealler, c’en est fait! Le mauvais ouvrierqui reste tel, étantépoux et père, est un lâche, un mauvais cœur... et que Dieu prenne sous sa garde sujeune femme et ses pauvres petits enfants ! Mais non, presque toujours heureuse,salutaire et sainte est. l’influence de la jeune femme installée en tout bien et en touthonneur dans le modeste logis du jeune ouvrier ! Ah! l’on conçoit qu’il se plaise àparer sa cheminée de la branche d’oranger qu’elle y apporta avec ses frais atoursde mariée. Ce symbole d’innocence et de pureté est comme le gage de joursmeilleurs qui, par elle, se sont levés pour lui ! En effet, la jeune femme, au foyerde l’ouvrier, est une pensée de poésie, d’amour, de religion qui vient illuminer savie. Qu’il y en a, de ces âmes énergiques que la solitude avait assombries, que ledoute avait llélries, qu’avaient froissées et endolories la prospérité des méchants cl