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inouïs (;l les dissections, eC ses nuits le nez dans les Bicheraml, les Cuvier et lesHerlhollel ; de joindre à ce petit bagage médical une charge suffisante de littérature,de philosophie et de connaissance du cœur humain, sans parler du désintéressement,de la discrétion, de l’abnégation et du dévouement, pour être un bon médecin devillage. Les bonnes gens !
Le médecin de ville croit fermement que tout est dit quand il a visité ses malades,écrit ses ordonnances, lu son journal et additionné ses cas; qu’il a recueilli les nou-velles, colporté l’anecdote, promené sa femme et salué sa voisine; qu’il a fourrésa bonne dans la diligence de Paris , son nez dans les salles de l’hospice et ses piedsdans le lourde la cheminée; qu’il a enterré sa fluxion de poitrine, dénigré ses confrèresplus heureux et fait attendre les clients à la porte pendant qu’il les attend dans soncabinet. Tandis que le médecin de village, non-seulement soigne ses malades et lesguérit comme l’autre, les console, les soutient et les encourage dans la maladie,•nais encore se mêle à eux en santé, prend part à leurs fêtes, s’associe a leurs dou-leurs, les aide de ses conseils, leur ouvre ses avis et sa bourse, s’assied à leur table,accepte le haut bout, lient les cœurs en joie, avertit l’épouse fragile, ramène le mariégaré, envoie de sa cave le vin du dessert, mange, boit, rit, chante, fume, se rouleet boule avec eux, le brave homme.
Le médecin de village n’est pas ou médecin, ou chirurgien, ou accoucheur, oudentiste, ou pédicure, ou oculiste, ou expectant, ou homœopalhe, ou n’imporle;*1 est, a la fois, coup sur coup, sans changer de costume, médecin, chirurgien, accou-eheur, pédicure, dentiste, oculiste, expectant et homœopalhe. Non pas qu’il soup-çonne le similia similibits; que Dieu l’en préserve! qu’il se soucie des admirablesressources du faire expedalif; qu’il connaisse la conformation anatomique et lesphénomènes physiques de l’organe de la vision ; qu’il ait jamais entendu parler del’action des agents chimiques internes et externes sur les substances dentaires; qu’ilait cherché ailleurs que dans quelques figures coloriées les différentes positions dufétus ou que la disposition des libres musculaires ou le cours des artères, des veines,des nerfs et de leurs innombrables ramifications lui soient connus à un autre titre'lue le cours des fleuves sur une carte de France ; mais simplement parce qu’il estmédecin de village.
Car ce litre, pareil au portefeuille, donne la science a la minute et l’infaillibilitépar-dessus le marché ; d’un brave homme un peu bavard et pas trop rétif vous faitun homme d’état et un grand homme de profession, et d’un praticien à la mainexpéditive et vigoureuse, une universalité médicale. Et il le faut ainsi. Sa spécialitéu’esld’être universel. S’il ne sait tout, il ne sera propre à rien. S’il hésite une fois,le prestige s’évanouit, la conliance recule et le malade guérit à son corps défendant.Dira-t-il au péri-pneumonique : je suis anévriste; a l’hydropique : je suis utérisle;a l’apoplectique : je suis expectant? Il serait bientôt et certainement réduit a toutel ; t rigueur de ce dernier mode. — « Hé! voisin Thomeron, la nouvelle.—J’ons consultéhier noire nouveau médecin, un lier savant, allez. M’est avis qu’il connaît toutesles maladies que je n’avons poinl. .le m’en vas dieux le rebouteux. »
Flabli dans son universalité, le médecin de village u’esl ni doelcur en médecine,