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L’IvLU DU CLOCIIEK.
aigu, Uni loi il s’en lient au bravo grave; eela dépend de la nature des questions.Pour les : à l’unlre, mêmes éludes, mômes nuances. Il y a les à l’ordre de pro-fonde indignation ; les à l’ordre de mépris et d’ironie. Quelques oh! oh! quelquesah! ah! distribués à propos, complètent cet accompagnement obligé d’exclamationsqui joue à lit chambre le rôle des chœurs dans les tragédies antiques. L’élu du clo-cher se fait sur-le-champ une réputation dans ce genre d’éloquence. Doué d’uni'basse-taille caractérisée, il soutient et nourrit les explosions obligées des centres.il en est le Lablache, le Stentor. Sa science ne s’arrête pas l'a; elle pénètre dans lesmoindres accessoires de la stratégie parlementaire, l’art de tousser et de se mou-cher à propos, les ressources de la conversation bruyante, la guerre des couteauxîle bois frappant en cadence sur les tables, le tout appliqué 'a un orateur de l’oppo-sition. Dans celte voie il va très-loin. 11 invente, pour humilier M. Odilon-Barrot .des poses d’ennui, de distraction et de dédain, qui lui font le plus grand honneurparmi ses collègues des centres; il est le héros des airs écrasants et des impa-tiences désespérantes. 11 a inventé l’éclat de rire étouffé, qui est le sublime de l’i-ronie. Enfin, il est devenu un homme posé, utile et nécessaire : il joue un rôle à Jachambre, il y remplit une fonction. Aussi quand une grave question s’agite, fait-ilpresser son déjeuner, et dit aux siens avec une ineffable importance : « Il fautque je me hâte; cela ne peut pas se passer sans moi. »
Cette période éclatante n’a qu’un jour d’éclipse, celui oîi l’on dépose chez sonportier un in-folio énorme, que l’on nomme budget. Le budget! voilà un mot faitpour ébranler, dans toute son économie, un homme parlementaire. Le budget !quelle tuile immense et pyramidale ! Quel dédale plus compliqué que celui de Crète !A part M. Auguis, qui osera se lancer dans ce labyrinthe? Notre héros est d’abordentrepris. Plus d’une fois on lui a dit en province, que le budget était la pierre delouche du député, et que là se jugeaient les hommes qui vraiment comprennent lesbesoins de leur arrondissement. Toujours ces maudits besoins! Pour en avoir lecœur net, il affronterait bien un examen rapide de ce budget redoutable ; mais lemonstre se compose de quinze cents pages in-folio, non compris les annexes. C’estun billot monumental qui porte dans ses flancs plus de hiéroglyphes que Champol-liou n’en déchiffra jamais. Aussi quelque désir qu’ait notre élu de s’engager danscette aventure, il recule, il diffère chaque jour. Le sphinx à couverture grise a étédéposé sur son bureau; il l’y laisse environné d’un hommage calme et respectueux,d’une adoration inquiète et mêlée de terreur. Cependant, après un mois de ce culteà distance, il s’aperçoit q,ue le monstre diminue à vue d’œil. On dirait qu’il maigrit,qu’il se fond, qu’il s’en va. « Qu’a donc mon budget, » se demande le député. Et ill’ouvre ! O surprise! ô profanation! l’in-folio redoutable est réduit de moitié. L’In-térieur a disparu; le Commerce est à rien; la Justice est écornée. D’oii vient cola ?qui a osé porter la main sur l’évangile parlementaire, sur la loi et les émargements,sur les voies et moyens? Ilélas! la simonie part du milieu même de la famille. Pen-dant que notre héros vouait à ce budget divin son culte mon tu I et profond, safemme et sa tille le livraient à une série de papillolles irrévérenlieuses. Le chef cl iiménage veut s’indigner d’abord de ces abus de conliance; mais il se prend à réfié-