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Province. Tome premier.
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chir, cl sc rlil sagement <|u’un budget qui sc laisse traiter de la suide ne méritepas qu’on s’inléresse à lui. Il va plus loin, il s’associe a la profanation et la rendcomplète. Le pauvre budget ne s’en relèvera pins, line crainte reste encore au député,c’est qu’il la chambre on ne l’interroge sur les beautés de ce répertoire de chiffres ;niais an bout de quelques jours il esl parfaitement rassuré. Il comprend que lebudget est encore un préjugé de province, et que, si l’on s’occupe de lui, c’est ailleurs•pian Palais-Bourbon .

dépendant notre héros est classé. Le voici arrivé à ce point que toute prétentionest fondée de sa part, toute ambition légitime. On le regarde comme un instru-ment nécessaire dans la mise en scène des séances, comme l’un des chefs dulustre parlementaire, comme l’interpcllateur par excellence. Il a le droit de de-mander au Moniteur des épreuves, afin de s’assurer que scs exclamations figurentà leur place, dans l’intention voulue, et surtout avec leur caractère d’improvisa-lion et de spontanéité. Sans lui, plus de beaux succès oratoires, plus de ces triom-phes enlevés qui ont un si grand retentissement au dehors et qui coupent en deuxune séance. Il est l’homme des grandes émotions et des grands orages. Il chauffeune salle par sa seule présence, il la fait passer au besoin de la température dela Sibérie à celle du Sahara. Nul n’excite mieux du regard, n’encourage mieux dela voix. Qu’un orateur ministériel descende de la tribune, il l’entoure à lui seul, lecomplimente bruyamment, le porto sur le pavois, le couronne de sa main, l’élève.jusqu’aux deux. Il est parvenu à organiser ainsi des façons de triomphe, mêmepour les bonnetiers, les drapiers, et les maîtres de poste qui figurent dans les cen-tres. C’est un impayable ami, un cœur sûr, une âme dévouée. Cependant, il faut ledire, au milieu de tant de joies, une joie lui manque : il n’a pas encore abordé latribune, ce ' ' de la vie parlementaire; il n’a pas lilé le discours écrit, ce cou-ronnement des orateurs manqués.

Cette idée verse de l’amertume sur ses triomphes. Comment rendre sensible àl’arrondissement qu’il songe à lui, qu’il s’occupe de ses besoins, qu’il est en positionde le faire? Sa position, si éclatante qu’elle soit, n’a pas dépassé l’enceinte du palaisBourbon ; hors de là, son nom est absolument inconnu. Le .Moniteur ne l’a pasencore enregistré avec la colonne oratoire à l’appui. Comment conquérir cettegloire? comment franchir ces Portes de Fer ? Un beau jour notre héros en trouve lesecret : il prend son courage à deux mains, va visiter un homme de lettres, un slé-3 de la chambre qu’il connaît et qui le protège, une plume sûre qui doitnécessairement lui livrer du style selon son cœur.

« .le désire un discours, cher ami, » lui dit-il en I abordant.

Le sténographe est an fait de semblables ouvertures, et sans se déconcerter il'épond :

« Un discours sur quoi ?

— Sur ce que vous voudrez, pourvu que ce soit du chenu, du flambant, d'unnuméro relevé.

— Dame, ça dépend.

— Du prix! connu ! mettez au plus cher, mes moyens me le permettent.