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Province. Tome premier.
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le Vils assassin par piété filiale. Il «'est pas moins habile clans l’annonce desouvrages nouveaux ; s’agil-il d’une pièce burlesque, oit Arual se montre toujours siprodigued’excellentes bouffonneries, vous lirez sur son affiche les réflexions suivantes :« Le succès de gaieté qu'obtient à Paris cet ouvrage est sans exemple au théâtre. Cin-quante représentations consécutives sont loin d’avoir satisfait la curiosité publique.•>ès cinq heures, la salle du Vaudeville est envahie par une foule immense,de la moitié s’en retourne avec tristesse, après avoir tenté vainement d’y pénétrer.Kt comment, en effet, ne pas désirer voir un ouvrage où le fou rire s’empare de tousles spectateurs depuis la première jusqu’à la dernière scène. A ceux.qui désespèrentencore chez nous de la gaieté française, nous dirons : Allez voir cette pièce; maiselle 11 e plaît pas seulement par le rire qu’elle provoque, on l’apprécie aussi pour lessaillies, les allusions fines, spirituelles et piquantes dont elle abonde. C’est a la foisla pièce des amateurs de la franche gaieté et des personnes instruites et difficiles ;u ’est, en un mot, la pièce des gens d’esprit. Nous sommes donc certain d’y voir ac-courir tous les habitants de celte ville. » Kst-ce au contraire d’un sombre dramede Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas qu’il s’agit? Ilosancour 11 c se montre pas moinscloquent. «Jamais, s’écrie-t-il (toujours sur son affiche), la terreur et le pathétiquen’ont été poussés aussi loin que dans cet admirable ouvrage, le chef-d’œuvre d’unauteur a qui la France eu doit déjà tant. Ce n’est pas à nous qu’il appartient dele juger, nous laissons s’acquitter de ce soin des plumes plus dignes et plus élo-quentes (ici sont rapportés les articles laudatifs des journaux de Paris ) ; nous nousbornerons simplement 'acclavis aux dames : Venez, leur dirons-nous, venez au théâtreavec conliance, vous y trouverez des émotions dignes de vos âmes nobles et sensibles;venez, vous y trouverez un enseignement moral dans la peinture des passions éner-giques et désordonnées que votre tendre sexe ne cesse d’inspirer au nôtre ; peinturesaisissante et vraie qui, pour vous glacer un moment d’épouvante et vous arracherd’abondantes larmes, 11 e vous en rendra que plus chères, de retour dans vos fa-milles, les douceurs d’une vie honnête, innocente et paisible. Venez enlin, vous ytrouverez aussi des chaufferettes et des boules d’eau chaude ; car le directeur, tou-jours jaloux de justifier la confiance dont les daines l’honorent en visitant son spec-tacle, n’a rien négligé pour qu’elles y'fussent agréablement et commodément placées. »Ü autre part, ce Rosancour est un véritable Procuste dramatique: il coupe, il taille,>1 tranche sans pitié, même dans les chefs-d’œuvre de la scène. 11 en supprime unescène, un acte, un, deux, trois personnages, suivant l’état du personnel de sa troupe,que de subites désertions réduisent parfois à deux ou trois artistes. Un jour, il lit jouerMichel et Christine sans le rôle de Michel; toute la pièce se passait en correspon-dance. À chaque instant, un personnage muet venait prendre, pour les porter à Mi-ol'el, les lettres que Christine écrivait sur le théâtre, en se les dictant à haute voix.L’instant d’après, le même personnage reparaissait, apportant la réponse de Michel,lue également à haute voix par Christine. Le dialogue et les couplets de la pièceétaient conservés dans ces lettres, grâce à l’ingénieux moyen suivant : Ma chère Chris-Lne, vous me dites dans votre dernière « que vous voulez savoir mon secret. » Jevous répondrai que « je ne peux pas vous le dire, puisque vous voilà ijiariée, » Sans