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Kiicijs non omnibus min,Nec diversji Luiien, ijunlnn decet esse sorornm.
Voici d’abord venir la fdle d’auberge de village. Ne laites pas attention à ses brasrouges, ou que ce soit pour en admirer la vigueur toute masculine. Sa figure esl•'aille en couleurs, ses cheveux s’échappent en touffes désordonnées de dessous son•'onnet, son bonnet lui-même est trop souvent posé de (ravers ; ni le goût ni la pro-preté n’ont présidé à sa toilette. Pendant tout le cours de la semaine, la tille secouvre etue s’habille pas.
Quanta son caractère, interrogeons la maîtresse du logis. Celle-ci se fait toujoursun plaisir d’énumérer les défauts de sa servante : c’est une dormeuse qu’on ne sau-rait réveiller a cinq heures du matin ; une étourdie qui, chargée de veiller a la cui-sine, aux enfants et aux pratiques, laisse les plats brûler, les enfants crier, et lespratiques s’égosiller. De quoi n’est-elle pas capable! ne l’a-t-on pas surprise centfois en flagrant délit de gourmandise? ne rnange-t-elle pas —aiilani f/u’un homme ,—e t sa langue mal apprise manque-t-elle jamais de réponses insolentes? De plus, l’onsait fort bien que mademoiselle fait a l’aubergiste des avances et des agaceries.
A ce jugement sévère que la passion a dicté, opposons celui des habitués de lamaison. Quoi qu’en dise l’hôtesse jalouse, si les fermiers du voisinage, si les mar-chands forains, si les colporteurs préfèrent son cabaret à tout autre, ce n’est paspour elle, qui est vieille et acariâtre; ce n’est pas pour son vin, qui ressemble a de•n piquette ; c’est pour la fille. Ils l’aiment avec son gros rire, avec ses allures déci-dées , avec ses airs provoquants. Lorsqu’elle vient a leurs cris répétés, et qu’essuyant•a table du revers de son tablier elle leur demande ce qu’il faut leur servir, ils nes inquiètent pas que sa personne soit négligée, que ses jupons semblent ne pas tenira son corps, et que ses doigts menacent d’écrire en hiéroglyphes son nom sur lesassiettes et les verres. Les braves gens ne regardent pas à si peu. Ce qui leur plaîtdans la fille, c’est qu’elle entend la plaisanterie, qu’elle ne s’effarouche de rien, et•lue sa pudeur est à l’épreuve des plus gros mots. S’émancipe-t-on avec elle, on enest quitte pour une tape vigoureuse qui disloque à moitié l’épaule du coupable.Douce punition qui invite a recommencer! Enfin ils résument toutes ses qualitésdans ce mol : C’est une bonne enfant !
Et puis n’a l-elle pas comme une autre ses beaux jours? Quand vient le dimanche,elle fait, a grand renfort de cendres et de savon, une lessive complète de sa per-sonne. Elle revêt le frais déshabillé, le bonnet blanc, la jupe neuve et le mouchoirde col aux couleurs éclatantes. Des souliers fins —j’entends fins par comparaison —ont remplacé les gros sabots. Dans celte chaussure légère, elle court, elle bondit,elle a des ailes ; c’est, il ne plus la reconnaître. Le dimanche s’achève, et cette Cen-drillon de village, un moment vêtue en princesse, retourne il scs haillons et a sessouillures; mais elle ne laisse jamais après elle, pour se faire chercher de quelquePrince amoureux, une petite, petite, toute petite pantoufle.
Suivons la fille d’auberge sur un théâtre plus digne de son génie. Elle a quittéI obscur bouchon et l'humble cabaret pour l’hôtel le mieux achalandé d’une sous-