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fusil a recevoir, et s'il est pris , la potence en perspective, car les lois d’Albion sé-vissent sans miséricorde contre les contrebandiers. Fort heureusement pour le smo-gleur, il y a plus de mansuétude dans la législation française, et ses associés, les pê-cheurs des côtes de la Normandie , de l’Artois , comme de la Bretagne , sont très-experts dans le débarquement clandestin des cargaisons.
Allez, par exemple, dans les environs de Calais ; vous remarquerez sur les bordsde la mer quelques maisons basses, dont l'intérieur ressemble, par des câbles, desvoiles, des avirons, des filets, des hamacs, des tonneaux, à l’entre-pont d'un navire.Des pêcheurs, des voiliers, des calfats aux mœurs rudes, à l’aspect bourru, les ha-bitent. Ils vous regarderont en dessous et avec un air de défiance sauvage si vous vousapprochez d'eux. Mais parlez-leur de contrebande plutôt que de la pêche ou du tempsqui se prépare, ils vous répondront, a coup sur, comme des gens gravement insultés,la menace et l’injure à la bouche. Eh bien... ! ce sont des contrebandiers de la côte ,les associés des smogleurs. Vous en doutez? En ce cas, rendez-vous 'a ce mauvais ca-baret que vous verrez plus loin; mettez cent sous dans la main de l’être trapu, placéau comptoir, qui mesure le genièvre avec une parcimonie révoltante, et dites-lui :Le mol d’ordre? Il vous répondra entre les dents : Gare le requin 1 ! Vous pourrezensuite retourner vers les pêcheurs en toute sûreté. Si vous l'aimez mieux cepen-dant, je puis vous mettre plus vite au courant.
Quand un navire contrebandier est signalé par des vigies apostées sur des hau-
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leurs, les habitants de ces maisons dont je viens de parler en sont prévenus aussitôtet avertissent à leur tour d’autres pêcheurs et des paysans des environs. Le soir venu,une fusée lancée h plus d’une lieue du point choisi pour le débarquement annonceau navire qu’il peut approcher de la côte. Alors seulement les contrebandiers se