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Province. Tome premier.
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habitudes des populations. De celte époque il n’est resté que le costume du contre-bandier franc-comtois : chapeau ciré de marin, veste de velours olive, ceintureamaranthe, pantalon bleu deciel et escarpins. Dans l'hiver clles temps de pluie, la classiquei oulière en toile bleue remplacece costume. A part cette distinc-tion traditionnelle, les importa-tions n’ont plus l’intensité d’ac-tion et l’extrême ténacité quiles caractérisaient autrefois.

Au point de vue physique, lecontrebandier franc-comtois estreprésenté par un homme decinq pieds six pouces, plutôt mai-gre qu’obèse, et doté d’unejambe droite infailliblementtournée en dedans. Sous le rap-port moral, il est froid, résolu,et ses projets, longuement com-passés ne sont abandonnés qu’a-vec peine. Bref, le Franc-Com-lois passe pour roide et fort en-têté, défauts, au surplus, quis'exaltent indéliniment quand ilest gris : mille exemples des con-séquences de cette exaltationsont racontés dans le Jura , etservent de texte aux prédica-tions des curés de villages .ainsi qu’aux histoires débitées, près de Faire, dans les longues soirées d’hiver.Presque toutes ces anecdotes, embellies d’ailleurs par l’imagination ou du merveil-leux , se rapportent, il faut le dire pour l’honneur de l’époque, à une date de prèsde trente ans, et lorsque la plupart des familles du pays vivaient de ia contrebande.Alors la force ouverte présidait à l’introduction des marchandises venues de Suisse et d’Allemagne et des combats sanglants avaient lieu journellement sur la frontière.C’était un état de guerre permanent, mais d’une guerre cruelle et quelquefois portéejusqu'à la férocité. Aujourd’hui tout se réduit dans le Doubs et le Jura à des rusesinspirées, comme ailleurs, par le génie du métier. Des pièges sont tendus et de faus-ses alarmes données pour tromper la surveillance des douaniers. En un mot la va-riété franc-comtoise, assouplie par la civilisation, a pris des formes moins heurlées etne compte plus autant comme succès les assassinats des douaniers. D’autre part, laspéculation n’y a pas perdu , car il est constaté que la contrebande perd seulement