LE CONTKEBANDI li U.
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nu pour ccni en saisies sur tous les objets qu’elle importe de Suisse en France . Toutle monde a donc gagné à ce changement, sauf l’industrie nationale.
Les contrebandiers franc-comtois, dans lesquels on doit agglomérer leurs voisinsdes environs de Belley , introduisent surtout de la bijouterie, des mouvements demontres, de pendules, et des soieries, qu’ils vont chercher a Genève . Ils se servent,pour transporter les produits d’orfèvrerie et d’horlogerie, de deux boîtes plates etoblongues, a compartiments, dont l’une est ajustée sur la poitrine à l'aide de cour-roies qui vont joindre l’autre boîte et la retiennent sur le dos. Quant aux soieries,elles sont introduites en ballots d’après la méthode ordinaire. Les contrebandiersfranc-comtois sont cités pour leur lidélité, et les fabricants de Genève en sont encoreà se plaindre de la plus légère soustraction, depuis qu’ils leur confient des bijouxpour des sommes toujours considérables.
Ici je m’aperçois que je pourrais être entraîné fort loin, si je m’occupais du con-trebandier alsacien, épiant de son bateau, en descendant le Rhin , l’instant de jetersa quincaillerie sur la rive gauche de ce lleuve ; si je parlais aussi du Dauphinoisdans ses trafics avec la Savoie ; comme du Provençal , près de Ai ce ou sur les bordsde la Méditerranée. J’abrège donc pour arriver aux Pyrénées , ce sol éminemmentclassique de la contrebande tant d’importation que d’exportation. Mais qu’à ce nomne s’éveillent ni craintes ni susceptibilités industrielles, car je me tairai sur les indi-vidualités, et je me bornerai au strict aperçu physiologique de l’espèce contreban-dière.
Si la contrebande est une maladie, elle peut être réputée chronique et incurabledans les Pyrénées-Orientales et les Basses-Pvrénées. Contre elle , que de moyens n’a-t-on pas employés ? Confiscations, amendes, prison, travaux forcés , peine de mortmême, rien n’y a fait. Favorisés par leurs montagnes, les Roussillonais et les Basquesnolammenl ', n’en ont pas moins continué leurs relations coupables avec l’Espagne ,pendant les guerres entre les deux nations.
« C’est d’exportation plutôt que d’importation , me disait un négociant de Bayonne ,que le Basque s’est, depuis un demi-siècle, presque toujours occupé. 11 y est maîtrepassé, et ses succès en font foi. Que de génie dans ses moyens, de variété dans sesressources , et d’habileté dans l’exécution !... Vous en direz ce que vous voudrez ,mais s’il entrait dans la tête d’un Basque d’exporter en Espague la citadelle deBayonne en contrebande, j’ignore s’il y parviendrait, mais à coup sûr il l’entrepren-drait. L’essentiel pour lui dans l’affaire , c’est qu’on eût su y mettre le prix."
Il y a du vrai au fond de cette hyperbole tant soit peu méridionale ;car, quelle que soit•a difficulté d’une entreprise de ce genre, il est prouvé que, lorsque la pensée d’un gainextraordinaire est au bout, un Basque ne recule jamais. Qu’on s’en informe près des
1 En 1794, à la première guerre avec l'Espagne depuis Philippe V , des représentants du peuple en missiondans les Basses-Pyrénées firent dépeupler les villages basijucs de Sare , d'Ascain et de Biriatuu, pour mettreun terme à des intelligence! avec l'armée espagnole. Quinze jours après. la contrebande de vivres ei licmu-"itions était pratiquée par les memes points de la frontière.