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carlistes, ils apprendront comment elùquel prix on leur a fait passer, durant six uns,le Prétendant et des pierres 'a fusil, du salpêtre et la princesse de Beira , l’infant Sé-bastien et des chevaux , des poignées de sabre et le père Cyrille , sans compter unemultitude d’autres personnages dont les noms importent peu ! Comme les primesd'assurances ont produit aux spéculateurs politiques, et que d’or a dû rester dansleurs mains ! Oui, les Basques se souviendront longtemps de la guerre civile espa-gnole, et plus d’un regret, parmi eux, doit avoir déjà été exprimé sur sa récenteissue. C’est que maintenant il leur va falloir travailler aux champs et briser deshabitudes de cabaret et d’orgie familières aux contrebandiers. De temps à autre, àla vérité, ils rapporteront d’Uspagne, après une visite a des parents de Navarre et deGuipuzcoa , des tissus anglais ou du tabac; mais que les produits de cette importa-tion seront mesquins, à côté de ceux de l’exportation des années antérieures! Al’heure qu’il est, donc , les contrebandiers des Basses-Pyrénées en sont aux réflexionssur l’instabilité des choses humaines ; ils supputent et devisent entre eux sur un ave-nir fort peu gracieux.
Un béret en drap bleu pour coiffure, une veste a la carmagnole, une cravate a labatelière, une ceinture de soie rouge, un pantalon brun et des sandales en licellestressées et assujetties au-dessous des chevilles, voila le costume du contrebandierbasque. Quelquefois, pour se garantir du froid des montagnes, il prend une casaquefaite en peau de mouton noir, ou bien il endosse une tunique brune, taillée et dé-coupée il la façon de la dalmatique d'un sous-diacre. Bien de plus bruyant dans sagaiété, de plus poétique dans son langage, de plus terrible dans sa colère, que lecontrebandier basque. Des cris aigus, les danses les plus pittoresques, des allégoriesmythiques, des coups de bâton, traduisent et rendent ces divers sentiments, quipeuvent d’ailleurs se succéder et varier chez lui avec la rapidité de l’éclair. Ar-dent, leste, infatigable, il peut faire ses dix lieues par nuit avec une charge desoixante livres sur le dos, et recommencer le lendemain sans qu’il y paraisse.Jamais il ne quitte son couteau a longue lame pointue, ni son bâton ferré ennéflier; et, lorsqu'il est en course, ses cheveux , qu'il porte toujours longs, sontretroussés par derrière et sous son béret. Vers trente-six ans, il quitte la profession :alors ses sens perdent de leur fraîcheur, et des douleurs rhumatismales commencentà l’atteindre. Comme tous les montagnards, il est superstitieux et croit aux reve-nants , aux apparitions. Il se montre surtout aussi fataliste qu’un vieux Turc. « Celadevait être, » dit-il, en se signant gravement à tout événement malheureux.
Ainsi constitués, les contrebandiers basques ont su déjouer tous les moyens de sur-veillance et de répression que le gouvernement avait accumulés sur la frontière desBasses-P y rénées , depuis llendaye jusqu’à Bcdous , pour maintenir les prohibitionsd’importation auxquelles le traité de la quadruple alliance l’assujettissait. Bien desgens s’en étonnent encore, mais, s’ils connaissaient les pays du Labourd , de laSoûle , leurs montagnes irrégulières et la multitude des sentiers qui les traversent,le problème alors ne leur paraîtrait pas aussi insoluble. Ajoutez à ces données topo-graphiques si favorables, un espionnage actif auquel toute la population participaitdepuis* ' ”a l’extrême frontière, quelques connivences s d’agents