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LES FORÇATS.
Gazette des Tribunaux. Le langage n’y est pas sans une certaine décence. Ce chant,dont nous donnons trois couplets, était sans doute l’œuvre d’un Pantinois (enfantde Paris ), de l’un de ces condamnés qui accouraient au devant des fers un bou-quet à la main, la terreur de leurs gardes, expérimentés et vaniteux entre tous,railleurs, sceptiques, toujours gais, les pasquins de la hante pègre.
Air de la Marseillaise.
Allons, enfants, levons la tête,
Et portons nos fers sans trembler.
Pour nous voir la foule s’apprête ;
Parmi nous que vient-elle chercher '' (bis)Est-ce des pleurs? Ah! quel outrage!
Nous sommes enfants de Paris .Entendez-vous nos derniers cris?
Ils attestent notre courage !
Chantons, forçats, en chœur, le chant que nous aimons;Chantons, chantons ;
Libres et gaillards, un jour nous reviendrons.
Que nous veut ce peuple imbécile?
Vient-il insulter au malheur?
Il nous voit d’un regard tranquille,
Nos bourreaux ne lui font pas horreur, (bis)Quoi ! parmi vous pas une larme ?
Que faut-il pour vous attendrir ?
Voyez si nous savons souffrir.
La gaîté nous mène et nous charme.
Chantons, forçats, etc.
Chantons, berceau de notre enfance ;
Adieu, femmes que nous aimons;
Adieu, loin de votre présence,
A vous parfois nous penserons, (bis)
Si dans vos cœurs est gravée notre image,Gardez-nous un doux souvenir ;
Donnez-nous parfois un soupir ;
Nous vous promettons d’être sages.
Chantons, forçats, etc.