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Province. Tome premier.
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lu honte pour redevenir honnête homme, calcule, le code a lu main, avant de semettre en nouveaux Irais de crime, si la peine des travaux forcés, à laquelle il aspirecomme à une condition meilleure, sera la répression légale de l’attentat qu’ilinédite.

Inapplication des forçats aux travaux de l’Arsenal était dans le principe une sanc-tion pénale, et n’était que cela. De ce que les galériens ramaient sur les galères, onavait logiquement conclu que les forçats, leurs héritiers directs, devaient commeeux le service gratuit de leurs bras à la marine : la loi l’avait réglé ainsi. Les tra-vaux les plus repoussants et les plus pénibles étaient leur partage; travaux souventsans utilité pour l’état, exigés d’eux néanmoins comme une des conséquences de lacondamnation qu’ils avaient encourue. Mais leur emploi ne resta pas longtempscirconscrit dans de si étroites limites. Ou pensa, non sans raison, que parmi euxse trouvaient des hommes d’activité et d’intelligence, qui, excités il bien faire parl’appât d’un rétribution, si légère qu’elle fût, pourraient, a des conditions beaucoupplus douces pour le trésor, suppléer des ouvriers libres, et la lettre de la loi fut sa-crifiée à cette pensée d’économie et d’ utilisation.

Les forçats travailleurs sont distribués conformément aux demandes des diversesdirections de l’arsenal : les mines, la taille des pierres, le curage du port, le sciagedes bois, l’assèchement des bassins, le transport des matériaux, l’armement desvaisseaux, en occupent le plus grand nombre. Quelques-uns pénètrent dans lesateliers. Ces derniers sont ordinairement des ouvriers habiles, ou le deviennent enPeu de temps. Une machine confectionnée par deux forçats, pour empêcher l’ex-plosion des chaudières il vapeur, a été tout récemment présentée à l’Académie dessciences par M. Arago, et l’Académie l’a approuvée, sauf quelques objections queces malheureux espèrent parvenir il résoudre.

En été, les forçats rentrent pour dîner a onze heures; ils retournent au travaila une heure, et en reviennent de nouveau avant la nuit. Le coucher a lieu a huitheures.

En hiver, la journée se fait de neuf heures à trois heures sans interruption, et lecoucher a lieu a sept heures.

Souvent confondus dans l’arsenal avec les ouvriers libres, malgré les règlementsqui prescrivent d’empêcher ce pernicieux contact, les forçats vivent avec eux sur lepied d’une parfaite égalité. Moins appliqués et moins assidus qu’eux au travail,Us sont en général plus bruyants, plus gais, plus communicatifs. N’était la hi-deuse casaque dont ils sont revêtus, et qui ne permet pas d’oublier un seul instantleur misérable condition ; â voir leurs gestes, a entendre leurs plaisanteries, leurschants et leurs rires, on dirait des hommes exempts de toute préoccupation chagrine,Qui se sentent heureux de respirer et éprouvent le besoin d’épancher le trop pleinde leur joie. Ont-ils une masse pesante â déplacer, une ancre, un canon ; l’opérationdont une escouade est chargée, exige-t-elle de l’ensemble dans les mouvements etun redoublement d’efforts, vile un des travailleurs entonne une chanson, et tous enrépètent le refrain. Parmi ces chansons, il n’en est point dont l’air soit plus lugu-l"e dans sa mélopée traînante, et les paroles plus affreuses que celle de la Veuve.,

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r. i.