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Province. Tome premier.
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LES FORÇATS.

la douleur, son mouchoir ou un coin du vêlement qu’il vient de quitter. Un certainnombre de forçats forment la haie à droite et il gauche de ce banc.

Sur un signe de l’argousin qui préside a l’exécution, le bourreau frappe ; et sonlouet impitoyable se lève et s’abaisse dix, quinze, vingt ou vingt-cinq fois, suivant lagravité du délit.

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Retiré tout sanglant de ses mains, le supplicié est aussitôt reconduit a son tolard,où on l’enchaîne; ou bien mené a l’hôpital.

Il est une pensée avec laquelle le forçat s’éveille chaque matin, avec laquelle ils endort chaque soir, et qui la nuit même agite ses rêves; la pensée de son évasion.Pour atteindre a ce but qu’il poursuit durant des années entières avec une indomp-table énergie de volonté, tous les expédients lui seront bons, s’ils lui offrent quel-'joe chance de réussite. Pas de danger qui le fasse pâlir; pas d’obstacle qui puissele faire reculer. Bien vouloir pour lui signifie pouvoir. Le mot impossible est às es yeux un non-sens, un mensonge. On écrirait plusieurs volumes sur les ruses•ncroyables que ces malheureux imaginent pour mettre en défaut la surveillanceJe leurs gardes; sur les travaux surhumains qu’ils entreprennent, sur les périls