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Province. Tome premier.
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l’aveu des inspecteurs, elles coupent en moins de cinq minutes la chaîne la plusforte; et, à défaut de la connivence aisément obtenue d’un garde, il s’est bienvite assuré, si te pied lui démange pendant la fatigue, la complicité d’un ouvrierdu port ou d’un matelot. Une perruque, un chapeau ciré, une blouse, un pan-talon de toile; et, dans un clin d’œil, le voilà métamorphosé, méconnaissable.Mais pour qu’il s’éloigne sans feuille de route, quand l’alarme a été donnée; pourqu’il parvienne à se soustraire aux poursuites actives, intéressées, dirigées de toutesparts contre lui, il lui faut plus que du bonheur, il faut un miracle. Sur trois centcinquante condamnés évadés du bagne de Brest dans un espace de sept années,quatorze seulement ont réussi à échapper à toutes les recherches. Chaque forçat apar année son jour d’évasion, et ce jour-là tous ses camarades doivent lui prêterassistance. Quand un condamné manque à l’appel, trois coups de canon avertissentde sa fuite la gendarmerie, la police et ceux que peut tenter la prime d’arrestation.Cette prime est de 25, de 50 ou de 100 francs, selon que le fugitif est repris dansl’Arsenal, dans la ville ou dans la campagne.

Outre les trois années de prolongation, s’il est à temps, et de double chaîne, s’ilest à vie, qu’entraîne pour l’évadé ramené, nous l’avons dit, le fait seul de sonévasion, il subit dans la cour du bagne une exposition d’une heure. Assis sur un

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hnuieaii. les fers aux mains et aux pieds, il a la lete entièrement rasée, saul aus onunet, et porte un écriteau sur la poitrine. Quel réveil après un si beau l ove !