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lanls alliaient un trousseau de fausses clefs surmontées d’un couteau-poignard. Surce terrain rien ne lui manque pour travailler, ni l’œil, ni l’oreille et la voix quiveilleront pour lui, pendant qu’il volera ou tuera seul; ni la main qui l’aidera avoler ou a tuer. L’opération qu’il projette ne peut-elle se passer de l’interventiond’un complice; il défaut d’un ancien compagnon de chaîne, ce réclusionnairc qu’avomi de son sein, la veille, Melun ou l’oissy, se présente, et les conditions de cepacte de honte ou de sang se règlent aussitôt au bruit des rires et au choc des verres,dans un de ces infâmes lupanars de la Cité, dont les hôtes dînent du vol qu’ilsrecèlent, et soupent de la prostitution qu’ils hébergent ou qu’ils pratiquent. Lesmaisons borgnes où on loge a la nuit; les bouges infects où l’on trouve ces misé-rables créatures avilies qui vendent l’amour aux voleurs; les mystérieuses habitationsoù le vol peut entrer sans être trahi, les souricières, antre fétide, aveugle et sourd,où la lumière douteuse jette l’équivoque sur les physionomies; enfin, la femmesans nom, le receleur, la logeuse, le cabaretier, voilà les quatre points sur lesquelsle forçat fait passer un cercre dont il se constitue le centre, jusqu’à ce qu’une inspi-ration ou l’éventement d’une affaire le décide à en sortir, pour se mettre en campagne,lit ne croyez pas que, s’il priait, il se contentât de demander à Dieu dans ses prières,un asile où il pût trouver oubli pour son passé, repos et sécurité pour son avenir ;ses passions, longtemps contenues, ont l’irrésistible violence du torrent qui romptsa digue; ses appétits sont ceux du tigre après un long jeûne. Toutes les voluptésphysiques, les plus ardentes surtout et les plus corrosives, il les recherche, il les veut.Qui pourrait l’arrêter? La pensée du bagne? Il est des heures de solitude eide dés-espoir où il se surprend à le regretter. La pensée de l’échafaud? Il n’y a que ceuxqui tuent qui y montent, et il ne tuera qu’à la dernière extrémité. Puis il est tantd’assassinats dont les auteurs demeurent ignorés! Après s’être lassé, sinon repu desjoies fiévreuses de la débauche et de l’ivresse; après une halte de quelques joursdans la boue du vice, il regardera hardiment autour de lui, et se posera celle ques-tion, bientôt résolue : Que faire? S’il est jeune, d’une figure avenante, d’une con-versation facile, et que les bénéfices d'une première opération lui aient permis des’acheter, dans le grand vestiaire du Temple, l’élégante défroque d’un beau fils,aidé d’un adroit compère, il exploitera l’une après l’autre ces dangereuses tablesd’hôtes, si nombreuses à Paris , où le dîner est un prétexte, et le jeu, un vol orga-nisé. Moins ambitieux, s’il est peuple de la tête aux pieds, par la naissance, parl’éducation, par le costume, il sera marchand de chaînes de sûreté le jour sur•es boulevards; vendeur de contre-marques le soir, à la porte des théâtres, vo-leur, passé minuit, et assassin par circonstance ; jusqu’à ce qu’un nouvel arrêtde la cour d’assises le renvoie au bagne ou l’adjuge à l’échafaud ; et aux bénéficestrès-variables de son travail il ajoutera, quel qu’il soit, le produit des caresses vénalesde la malheureuse dont il aura fait sa concubine pour en faire plus tard sa complice.Horribles liaisons que celles-là, dans le dénouement desquelles le bourreau est sisouvent appelé à jouer le rôle du Dieu dans la tragédie antique, mais salutaires dansleurs conséquences et profitables à la tranquillité publique. Combien de crimes eneffet resteraient à jamais ensevelis dans l’ombre, si la jalousie, qui exerce ses rampes