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canne du suisse <|iii rebondit sur les dalles sonores. Quelques cierges s'allument aucoin d’un pilier, près d’une chapelle; la porte d’un caveau grince sur ses gondsrouilles. Une troupe d’enfants s’assied en désordre sur des bancs au fond de l’église;de vieilles dévotes se groupent derrière eux... Silence I l’Angélus a clos depuis unmoment, par trois coups, trois gémissements, plus forts, plus accentués, ses longuesvolées mélancoliques. Les assistants ont récité leur Ave Marin. Certains d’entre euxégrainent encore un chapelet; d’autres, pleins de componction, se frappent doulou-reusement la poitrine. Mais déjà la foule s’éclaircit ; les Inuits du dehors éclatentmoins craintifs, moins étouffés, vers les bas côtés de la nef. Les vantaux, qu’onouvre à chaque inslanl, livrent un brusque passage aux mille rumeurs confuses dela ville. Écoutez : ne dirait-on pas qu'avec la brise qui s’y engouffre, s’échappent deImites ces issues, comme d’autant de loyaux d’orgue, d’insaisissables fusées denotes mélodieuses? — Il n’y aura point, ce soir, de bénédiction du saint-sacrement;monsieur le curé ne s’est pas meme rendu a la sacristie. De ses deux vicaires, le pre-mier recevra jusqu’à neuf heures les pécheurs qui se présenteront au tribunal de lapénitence ; le second fera le catéchisme aux enfants du collège et des écoles.
C’est bien ! les voici qui viennent tous deux. L’un, le front penché, les mainsjointes, a fléchi le genou devant la croix du chœur; il reste là quelques minutes,plongé dans une profonde méditation; puis il se redresse lentement, se dirige versla plus sombre galerie, cl s’enferme dans un confessionnal. Aussitôt le grillage criesous sa main : une tôle s’incline vers lui dans l’ombre; le saint et redoutable mi-nistère commence. Pourtant ne plaignez pas trop le pécheur qui, tremblant, humi-lié, déroule à demi-voix l’aveu détaillé de ses fautes. Le regard du prêtre qui l’en-tend, si vous l’avez remarqué, brille de tant de bonté et d’innocence; un tel carac-tère de vertu rayonne sur son visage, où toutes les croyances du chrétien ont gravéleur sceau dans chaque ride, que, devinant vous-même combien facile est la pentede son cœur à pardonner, vous ne doutez point qu’il ne console, qu’il ne soutienneson frère dans sa chute, plutôt qu’il ne le gourmande et ne le châtie. Ce prêtre estle premier vicaire de la Madeleine . Fidèle à son poste, depuis qu’il est dans lesordres, il a refusé, pour ne point quitter ceux de ses paroissiens dont grande est lafoi dans son zèle et dans ses lumières, plus de dix cures importantes du départe-ment. Monseigneur l'évêque, sur ses instances réitérées, s’est décidé enfin à ne plussolliciter son ambition. Sa charge, on l’espère du moins, ne sera pas vacante delongues années; et les jeunes abbés qui, à leur sortie du séminaire, seront appeléstour à tourà le soulager d’une partie de sa lâche, au lieu d’être révoltés secrètementde la modération de ses vœux, accepteront avec joie, plutôt que de lui causer lemoindre ombrage, le plus chétif bénéfice dans le hameau le plus obscur.
Cette résolution, ces sentiments sont bien ceux du second vicaire, celui-là mêmeque vous avez rencontré sur le parvis de la Madeleine . Son âme, pure et chastejusqu’ici, est accessible à toutes les générosités de la jeunesse. 11 ne vise pas plu*haut que le rang qu’il occupe ; il ne se montre impatient d’aucun frein ; il ne s’é-pouvanterait d’aucun sacrifice. Aussi n’a-t-il transgressé jamais, de son propre mou-vement, la limite de ses attributions. Ses actes se règlent sur ses droits, ses désirs