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Province. Tome premier.
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s e hiérarchisent selon ses devoirs. De ses deux supérieurs habituels, l'un, monsieur le<; uré, le protège d’ailleurs el a demandé connue une faveur sa nomination il monsei-gneur l’évêque ; l’autre, le premier vicaire, non-seulement lui épargne ce que leursfonctions respectives comportentde plus fatigant ou de plus vulgaire, mais encore luicède avec une rare complaisance toutes les occasions de briller. Le dimanche, ou lesjours de fête, quand les paroissiens affluent dans l’enceinte trop étroite de l’église;fluand il ne reste plus une chaise qu’on n’ait louée d’avance, quel prédicateur, si cen’est lui, dans toute la liberté du langage évangélique, s’adresse familièrement auxPersonnes les plus considérables de la ville? Lequel des nombreux auditeurs qui l’envi-ronnent, si ce n’est le curé ou le premier vicaire, prête une oreille plus bienveillantea ses paroles, et semble le plus touché des merveilles de son éloquence? N’est-elledonc pas bien aisée, la route qu’on lui fait vers les honneurs et la fortune? Le pré-se ut n’a-t-il pas assez d’attraits pour lui, l’avenir assez de promesses ? Les abords defo carrière n’ont pas été, non plus, bien rudes a ses premiers pas; aucune épine n’adéchiré dans sa jeunesse la moindre illusion, la moindre espérance. Lévite encore ,bien plus que prêtre, il n’a point dépouillé sa robe virginale ; il peut, sans an ière-Pensée comme sans mensonge, nommer tous les hommes ses frères, toutes les femmess es sœurs; car nul souvenir ne se réveille parfois en lui d’une injustice ou d une•njure , nul mauvais levain ne fermente ni dans sa tête ni dans son cœur. Adoles-ce nt, quoique né pauvre, il n’a jamais souffert de la misère. Ses parents, tiers deson savoir précoce, heureux de sa vocation, se sont privés souvent du nécessairePour qu’il ne manquât point à sa destinée. Les amis, les patrons, ont pour ainsi diresurgi autour de lui, au fur et à mesure qu’il en a eu besoin. Aujourd’hui une auréolePuissante déjà le couronne. Chacun se fait prophète pour l’eucourager ou pour luiPfoire. On le prône, on le choie, on l’exalte; il marche, douillettement bercé danss°n naïf orgueil par ce concert d’éloges, surfe sable le plus lin de l’enthousiasme;d gravite, au milieu de l’approbation, de l’admiration générales, vers les plus hautesdignités de l’Église. Ce n’est plus même assez de la crosse eide la mitre, c’est laPourpre qu’on rêve pour lui; et plusieurs, les plus fous, les plus sages peut-être,informant d’où il sort, vont jusqu’à se demander, d'un air inquiet, qui sera lec 'ardinal-neveu dans la famille.

Mais il suffit. Venez avec moi : suivons le jeune vicaire, car c’est à lui surtout queSc rattachent nos observations; c’est cette ligure qu’il s’agit de prendre pour type,ilv ant que le frottement du monde ait à demi effacé son empreinte originale; sui-v °ns-le, dis-je, dans l’exercice de ses fonctions, dans toutes les phases climatériquesde son existence.

Vous avez vu avec quelle autorité calme, réfléchie, il est entré dans l’église :Vü Yez-le maintenant descendre du chœur dans la nef, d’un pas presque délibéré,franchir le triple rang de jeunes garçons qui s’enlr’ouvreà son approche, et s’asseoirSUr une estrade parmi eux. De quel geste agile, délié, il rejette par-dessus le dossier,,e son fauteuil les blanches ailes de son surplis! quelle main grassouillette auxn "glesroses il promène sur la houppe moelleuse de sou bounel carré! Une rougeurPudique se fond en teintes charmantes sur ses joues, à l’aspect de toutes ces femmes