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«les choses, dons le loux ou dans le vague. Il temporise tant qu’il peut avec l'expé-rience, dont le (lot l’assiège, l’envahit par des courants invisibles. Il s’étonne d’avoiraménager aujourd'hui certains intérêts, certaines passions, dont il ne soupçonnaitpas môme hier les impétueuses exigences. Il ne s’effraie pourtant pas encore de l’a-venir; mais déjà le passé lui inspire plus d’un regret, et il se trouve parfois bienmalheureux dans le présent.
C’est qu’aussi — ne déguisons aucune des misères de son élat —, ses pénitentess’accusent souvent de péchés bien futiles! Kllcs ont d’étranges remords, d’étrangesscrupules. Elles sont sans cesse contre Satan sur le qui vive. Elles se détient beaucoupIrop de ses pompes et de ses œuvres. Elles découvrent partout des ruses, des pièges,des tentations. Elles se plaignent de rencontrer constamment sous leurs pieds quelquepierre d’achoppemenl. La réalisation douteuse de leur salut leur coûte plus de soucissur la terre, qu’il ne leur vaudra peut-être de béatitudes dans le paradis. Elles font sifréquemment, si attentivement la ronde dans leur conscience, qu’il n’y a bientôtplus le moindre repli d’où, avec l’aide de leur directeur, elles ne se flattent d’expulserpour jamais le malin. Puis, les ans, l’habitude ne l’ont point encore endurci oublasé. Quand on réclame sa présence près d’un lit de mort, si c’est sur la beauté,l’innocence, que s’abat le vol de l’ange, son courage l’abandonne, toute sa chair frémit;il administre d’une main glacée le viatique à l’agonisant ; il mêle ses pleurs à ceux dela famille; il rachèterait volontiers cette vie au prix de la sienne... et le jour où,penché au bord d’une fosse, il bénit ce cercueil qu’ont arrosé tant de larmes, c’estvéritablement du plus profond de son cœur que s’exhale une fervente prière à Dieu pour le repos de l’âme du défunt!
Mais, — ô puissances de la jeunesse! ô inépuisables trésors d’oubli enfouis dansle sein de l’homme! — que ces ennuis, ces angoisses, ces Iristesses, s’évanouissentpromptement; et que l’espoir, l’illusion, le bonheur, poussent encore des jets vi-goureux dans cette nature ! Quelle ardeur, quel épanouissement, lorsque l’Église cé-lèbre une de ses solennités! De quel air de noble assurance il assiste, en-compagnie«lu premier vicaire, le curé qui officie pontificalement à la grand’messe ! Comme il seprélasse, à vêpres, dans sa stalle sculptée ! Comme au-dessus de toutes les basses-tailles tonnantes du lutrin, et des buccins et des serpents, au-dessus du fausset desa colytes, des chants bourdonnants de la multitude, retentit, vibrante d’allégresse, sav oix séraphique qui entonne le Magnificat! Quelles jouissances l’inondent, aumilieu des ondoyantes vapeurs de l’encens, des harmonies de l’orgue, des cires flam-bantes, des frissonnements pieux de la foule, à l’instant où l’un des clercs, prosternésur le dernier gradin du chœur, agite la clochette de la bénédiction; et quelle vio-lence ne se fait-il pas, debout à la gauche du curé, qui lentement élève l'ostensoiren dirigeant tour à tour ses rayons vers tous les groupes de fidèles, pour ne point sejeter lui-même la face contre terre devant ce trône sacré de l’Eucharistie ! Ce n’estP»s tout. Le dimanche de la Trinité, à la grand’messe, quand, exhibant le ciboired’nr du tabernacle, le curé descend du maître-autel, accompagné de ses deux vi-caires, vers la sainte table où se sont agenouillés pour leur première communion les«-’eoliers du catéchisme, comme le cœur lui bal, au fur et à mesure que l’hostie glisse