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I Ai LüTTliUR.
mouchoir ; sur son poing, si c’est un coq; au haut des bras ou sur les épaules, sic’est un mouton ou une génisse ; et se promène ainsi dans l'assemblée, s'arrêtantà dessein devant ceux qu’il soupçonne devoir répondre a son déli; si nul ne liresa veste et ne rattache sa chevelure en lui disant : Attendez! le prix lui appartient ;mais si quelqu’un lui crie de s’arrêter et lui touche l’épaule, la lutte est engagée.Les deux lutteurs se déshabillent et paraissent dans le costume que nous avons dé-crit, s’embrassent, se disent leurs noms, leurs communes ; se mettent la main droitesur l’épaule gauche, la main gauche sur le côté droit, et commencent. Leurs cheveuxse délient dans la chaleur du combat, leur chemise se déchire en lambeaux sousleurs doigts crispés ; s’ils tombent dans la poussière, et que l’un d’eux louche laterre par le dos, l’on crie : Ar lam è ’ ; et celui-là est vaincu. Si aucun d’eux u’esltombé ainsi, ne getlamm 2 , c’est un cosliu, une chute inutile, et l’on se relève. Outrele croc enjambe qui est modifié d’une manière savante, il y a d’autres tours remar-quables : le maléfant, du nom de son inventeur, par lequel l’adversaire est lancéen arrière par dessus l’épaule ; le toll scarge qui ne laisse l’adversaire s’appuyerque sur la pointe d’un seul pied, de sorte qu’il est facile de le faire trébucher parun peeg gourn. Il y a encore le cliquet roon, où, l’adversaire ayant perdu pied, lelutteur le fait rapidement tourner autour de lui et le jette à terre tout étourdi. Dèsqu’un lutteur est proclamé vainqueur, le plus fort des juges le saisit a la ceintureet le montre a l’assemblée, qui applaudit avec transport.
Passons a un plus véritable représentant de la lutte antique, au lutteur des pro-vinces du midi.
Nous avons nommé, le boxeur quelques pages plus haut; voila dans la physionomiede nos voisins d’outre-mer le véritable pendant du lutteur méridional. Tous deux ilsrésument les instincts d’une population : ils sont un anneau semblable de cettelongue chaîne de types qui, réunis, forment une nation ; on ne peut les en détachersans briser la trame. Aussi, quelle est la collection de lleads of the Englisli peoplequi ait oublié celte imposante figure, non plus que celle de l’amateur de coqs!Qui de nous s’est fait une Angleterre sans son boxeur, escorté de ses parrains? Quelcaricaturiste français n’a pas représenté l’Anglais avec son ventre d’alderman ; lesbras arrondis, les poings menaçants ? Le boxeur agressif et brutal n’est-il pas le typele plus vrai de la populace grossière de Londres ? Le lutteur n’est-il pas une révé-lation des instincts un peu farouches des Méridionaux? Les rapports, du reste, sontsi réels entre les deux productions indigènes, que, malgré la distance, elles ont unesprit haineux de rivalité. L’Anglais méprisera le lutteur français de toute sa morguebritannique, en déclarant que Swift ou Adams en feraient bonne justice. Le lutteurvous apprendra comme quoi un de ses confrères, insulté par deux boxeurs dans lesrues de Londres , les fracassa sur la muraille; anecdote que je croirais dévotementpar patriotisme, si elle n’appartenait pas, par droit d’ancienneté, à Maurice de Saxe ,tout aussi bien qu’à l’amiral de tirasse.
■ La chute y est.
3 La chute n'y est pas.