LE LUTTEUR.
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Les villes qui se baignent au Rhône sont la pépinière de ces lutteurs. Remoulins ,sur le Gardon, cite plusieurs illustrations de celte espèce. Saint-Quentin fut la patrie'l'Archambault. Les naissances douteuses donnent lieu à des querelles. Homère ne futpas revendiqué avec plus d’acharnement par Chio, Scyros, elc. Aussi, chaque affichedistingue précieusement les pays, et signale bien clairement : le parti Avignonnais;le parti Lyonnais; le parti du Gard ; le parti Marseillais. Quand un lutteur étrangerest vainqueur dans l’arcne, les rivalités grondent sourdement; les parieurs aigrisMurmurent contre le malencontreux lutteur; — -A paspêla d’escltino crie la multi-tude. On rapporte que les deux célébrités Nîmoisesactuelles, dans un défi qui leurlut porté par Marseille , indignées de se voir ainsi chicaner la victoire, renversèrentleurs adversaires avec tant de force et de rudesse, que plus d’un d’entre eux ne putse relever sans secours, et que le peuple irrité faillit mettre en pièces les vain-queurs.
Entre deux lutteurs en renom la ville se partage; tous prennent parti pour l’une"u l’autre faction, ainsi que pour les bleus et les verts du cirque de Constantinople .Chacun raconte de son lutteur des histoires qui font pâlir celle de Polydamas quisoutint une caverne prête à s’écrouler, et de Milon de Crotone , qui tua et mangeal 'u bœuf (d’autres disent un mouton, ovem et non bovem, ce qui réduit singuliè-''ement le prodige), a Un tel, disent les prôneurs, près d’être écrasé sous une roue'le charrette, la souleva à quelques pouces de sa poitrine jusqu’à ce qu’elle eûtpassé.—Un autre élève jusqu’à sa bouche une cornue de vendange pleine de vin, aussi'Usément que nous autres débiles approchons de nos lèvres un verre à pied. — UnMitre crève un baril d’un coup de poing, et a été surnommé pour ce fait Cr'ebo-l’ouio 2 , etc., etc. » Malgré tous ces témoignages de chaleur et d’intérêt, le lutteur estMal considéré. Un paysan aisé montrera autant de désespoir en voyant son fils dans1 arène, qu’un respectable bourgeois de la rue Saint-Denis en sachant son fils engagé*lans une troupe de cabotins. Cela tient au préjugé qui poursuit tout homme qui'•‘Misent à se donner en spectacle pour notre divertissement, et surtout au relâchement'les mœurs de ces artistes. Leurs violents exercices, le renouvellement de forces qu’ilsuecessilent, leur donnent le besoin et le goût des liqueurs fortes. Ils font des repas con-s ‘dérables, àl’exemple des athlètes, et vivent, pendanll’intervalle de leurs triomphes,'lans les plus infâmes bouges. Ils ont fui le labeur persévérant de l’ouvrier, la dé-pendance de l’artisan pour la vie libre et vagabonde, pour le far-niente des longsl°isirs, et leurs habitudes sont empreintes de ces funestes inclinations. Comme leurClaire ne vient pas lentement, au jour le jour, pièce à pièce, mais en somme, la’lébauche est immédiate. Le lutteur couronné élit pour ses plaisirs amoureux quel-'l"e robuste sultane, et liquide sa victoire en compagnie de ses disciples et de sess ''ïdes.
Ee lutteur, en effet, a une cour composée de ses parents, des amis de sa classe,
^ n'a pas craqué tic Perinne ; expression pittoresque pour dénier la vieloire.^-rêve-tonneau.
p.
MJ