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Province. Tome premier.
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LES B A NQ LISTES.

s anl au public: ) Croiriez-vous bien, messieurs, que, i’aulre jour, je lui dis : Gras-Boyaux, vame chercher deux sous de tabac et un sou de sel. L’imbécile fait ma commission, et met le•abac dans le pot-au-feu et le sel dans ma tabatière.

gras-boyaux. Eh bien, ouil j* l’ai fait exprès pour vous déshabituer de prendre du tabac.R'gardez comme ça vous enfl’ le nez ; vous êtes bien heureux qu’ vot’ femme soit enceinte !le maître. Pourquoi, maraud?

gras-boy a ex. Parce qu’elle vous donnera Un nouveau-né.

le maître. Polisson ! voilà qui l’apprendra à plaisanter. |/( lui donne plusieurs soufflets suc-cessifs. )

gras-boyaux. Aie 1 aie I aie ! Ca m’impatiente, à la (in ! je ne veux plus rester chez vous ; j’ena i.assez. Donnez-moi mon compte.

le maître. Mais, malheureux , si tu m'abandonnais, que deviendrais-tu ? lu n’as pas de pro-fession.

gras-boyaux. Si fait, j’en ai une... et une fameuse encore!

lemaître. Et laquelle? | Gras-Boyaux se promène sans répondre.) Qu’est-ce que tu•ais là?

gras-boyaux. Je vous prouve que j’ai uue profession ; je suis marchant.le maître. Tu veux faire le farceur, fripon ; mais tu n’y réussis pas. C’est pour cela que tu vas•le faire le plaisir d’annoncer à la nombreuse société que le beau temps a attirée à cette fête...«ras-bovaix. Oui, il fait un temps détestable.le maître. Qu’est-ce que tu dis ?gras-boyaux. Je dis qu’il fait un temps d’été stable.

le maître. A la bonne heure. Annonce donc à ces messieurs et à ces dames que le sieur Vanftatten, si connu dans toute la France ...gras-boyaux. C’est pas la peine de vous montrer, si vous êtes si connu.le maître. Vit-on jamais pareil animal ? ( Il lui détache divers coups de pied. Igras-boyaux. Hi ! Iii ! hi ! ( Il pleure, et pour s'essuyer les yeux, tire de sa poche les débrisd’un vieux mouchoir de toile à carreaux rouges. )le maître. Tais-toi, misérable, et laisse-moi parler. ( /tu public. ) Messieurs et dames, avec laPermission des autorités constitutées...gras-boyaux ( à voix basse). Constipées.

le maître continue après avoir lancéà sonvassal un regard de menace : Nous allons avoir* honneur de vous donner la première et brillante représentation des exercices de MM. Van Bet-ten , d’Amsterdam en Hollande... Mes cinq enfants...

gras-boyaux | au public). 11 dit qu’ce sont ses enfants ; mais c’est pas vrai : c’est sa femme quih>i fait accroire ça.

LE maître ( d’un ton furieux). Mais tu veux donc que je t’extermine? (fi lirelcs oreilles duPaillasse, et reprend d’un ton emphatique : ) Mes cinq enfants exécuteront devant vous les scènesdislocation les plus surprenantes, le grand écart, la tortue, et autres tours merveilleux dontle détail serait trop long. Madame Van Betten offrira à vos regards des poses extraordinaires etau-dessus de la portée d’une femme. Puis elle exécutera sur la corde le pas des drapeaux, lachaise terrible, le pas de Terpsichore, dieu de la danse, telle qu’elle l’a créé sur le grandfhéàtre de Bruxelles, le pas du schall, tel que le danse à Paris mademoiselle Taglioni. Elle*èrtninera par la danse sans balancier, qui l’a fait surnommer la reixe oes Acrobates ! ! Oui,'dessieurs, elle a des brevets, en cette qualité, de LL. MM. Léopold, roi des Belges, et Louis-hilippe, roi des Français. C’est elle, messieurs, qui a opéré la dernière ascension à Tivoli, etc , Csl moi qui, le premier , ai exécuté le moulin d’Auriol. Vous ne verrez pas ce tour aujour-parce que nous n'avons pas de moulin, mais nous pourrions en avoir un. Enfin, mes-Sle,l, ’s, en sortant, si vous êtes contents et satisfaits, vous paierez, non pas vingt francs, non pas' u francs, mais deux sous !... deux sous par personne! !... et un sou pour les enfants et mes-S|p " rs les militaires !...

' péine le sieur Van lielien a-t-il lerminésu harangue, (jue (l’attires musiciens alli-t>. i. IS

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