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Province. Tome premier.
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LES lî A NQU IS TliS.

pageur, et les malheureux échantillons de l’espèce féline as-soupis aux angles extérieurs de son local. Des gens qui fontd’une pointe d’aiguille le pivot d’une théorie ont présenté cejoyeux et méchant bossu comme un mythe, un symbole, unedémonstration scénique de l’éternelle lutte du bien et du mal.

Sans chercher a une farce d’aussi graves interprétations, lesgrands et petits enfants se rassemblent volontiers autour dus pectacle portatif de Polichinelle.

La toile se lève ; le théâtre ne représente rien du tout. Lehéros paraît, armé de son indispensable bâton, dont il frappeles deux chais et la balustrade de la scène. Un second personnage ne tarde pas àvenir; c’est le Matamore de l’ancienne comédie, le Chateaufort de Cyrano de Ber-gerac, le Dom Gaspard de Scarron, le capitan de l’Illusion comique. Il a le verbe liantet parle par saccades.

i.k matamore. Bon-jour, Po-li-chinelle.

polichinelle, donnant un coup de bâton sur le chapeau deMatamore. Bonjour.

i.e matamore. Aie la bon-té, mon ami, de ne pas recommencer.polichinelle. Oui, oui, oui. ( Il lui donne un second coup debâton. )

le matamore (avec volubilité). Sais-tu bien à qui tu as affaire ?Je suis le fameux Tranche-Montagne, le grand exterminateur,vainqueur ef triom-pha-teur en cent mil-lions de com-bats.polichinelle. Bah! (Troisième coup de bâton.)le matamore, chantant.

Tous les mnr-res de mon pa-laisSont bii-tis des os des An-glais ;

Tou-tes mes cours en sont pa-vées,

Des tel’ des gé-né-raux d’ar-mée,

Que j’ai tués dans les com-bats.

eolichinelle. En r'niflant, papa. (Quatrième coup de bâton.)

le matamore ( reprenant sa déclamation saccadée). As-sez. de coups de bii-lon, co-quin ! luD-ni-rais par me fà-cher.

polichinelle. Tiens, en voilà encore !

LE matamore. J’ai pris—la résolution de ne pas—me mettre—en colère; sans ce-la, ver de

terre, il y a longtemps—que je t’aurais—exterminé.polichinelle. Pan ! pan ! (Coups de bâton multipliés.)le matamore. Corn-mont, trai-tre, tu a-bu-ses de macom-plai-san-ce !

polichinelle. Pan! pan!le matamore. A la garde!polichinelle. Pan ! pan !

i.e matamore, pliant la tête sous les coups. Au vo-leur!... à l’as-sas-sin !... au meur-lre!... je suis mort.

le commissaire. C'est donc toi, polisson, qui se permetd’assassiner les passants?polichinelle, effrontément. Oui, c’est moi Ile commissaire, ldi bien, coquin, tu vas être pendu.

ir *

polichin elle. Alors, ce n’est pas moi.