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Province. Tome premier.
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LE KELIGIEUX.

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coutumée, pour l'ambassadeur grec on pour un émir ; puis il passe sans y songerdavantage! !Ni haines ni sympathies! L’homme de Dieu ne compte plus sur laterre.

De tous les ordres religieux monasli(|Ues qui florissaient en France avant le décretde l'assemblée nationale, la restauration ne nous a rendu que les moines cister-ciens de Notre-Dame de la Trappe, et les révérends pères do la Grande-Chartreuse. Lesuns et les autres, oubliés pendant vingt-cinq ans environ dans les montagnes de laSuisse et de la Savoie , reparurent en 1816 et 1817. Les trappistes, conduits parl'abbé de l’Estrange, successeur de l’austère réformateur de Cîteaux,dom Armand leHoutbilier de Knncé, reparurent d’abord à Aiguebelles en Dauphiné, et vinrenlbienlôtrelever les ruines de leur abbaye, dans l’enclos de Soligny, près Mortagne,el leschartreux, ayant a leur tête dom Meissonnier, noble et touchant vieillard, supérieurgénéral de l’ordre, reprirent solennellement possession des vastes et magnifiques bâ-timents de la Grande-Chartreuse. Les premiers appartiennent a la classe des céno-bites; ce sont des artisans humbles et laborieux qui utilisent les plus belles heuresde la journée, a défricher et à féconder des terres arides ; les seconds, il la fois céno-bites et solitaires, s’occupaient jadis il collationner les précieux manuscrits de l’anti-quité et du moyen âge ; a les transcrire et à les multiplier; mais depuis l’inventionde l’imprimerie etde l’Ecole des Chartes , ils ont exclusivement reporté leurs éludessur les sciences théologiques et sur le droit canon : ils étudient ce que dom Innocentnommait les pratiques de la guerre spirituelle. Le travail n’est pour eux qu’un dé-lassement de l’esprit; poêles obscurs, rêveurs solitaires, leurs plus ordinaires occu-pations, leurs plus doux passe-temps, sont l’extase et la prière.

Dans toutes les abbayes, chartreuses ou trappes, la règle du temps est la même,ainsi que les heures consacrées aux offices. En été, le religieux se couche il hui*heures et à sept en hiver. Il se relève pendant la nuit pour chanter matines : à I* 1Chartreuse c’est de minuit a deux heures; c’est de deux a quatre chez les trappistes.Les chartreux se retirent dans leurs cellules, et les trappistes se réunissent dans unesalle commune où chacun lit jusqu’à prime, qui se dit à cinq heures. Les offices dujour sont : tierce, la messe et sexle ; avant le dîner, ils chantent nonne et vêpres aquatre heures de l’après-midi. Ils ont une heure de sieste après leur repas.

Pour bien connaître le religieux, pour dessiner exactement les traits qui le carac-térisent, il faut avoir vécu où il vit, il faut le suivre pas à pas dans son existenceintérieure et dans ses occupations journalières. Les règlements de tous les ordressont si précis et néanmoins leur application partout si différente, que pour être dansle vrai du sujet, je dois sortir d’une généralité qui s’appliquerait à tous les religicu'-a ceux d’Italie et de Savoie , dont les mœurs et les habitudes n’ont presque aucunrapport avec celles des religieux français , et descendre, à l’égard des nôtres, <la |,! ’des détails et des particularités qui résultent nécessairement de la position social'Où nous les avons réduits. Les communautés de chartreux et de trappistes que nm 1 ”possédons ont gardé, chacune dans leur ordre respectif, et même, les chartreu'vis-à-vis des trappistes, une telle unité, une telle harmonie, toutes les succursalesont si bien réglées sur la maison-mère, que la description d’une localité ( la l , ' ,|! ’