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Dans ce nombre, la France était comprise pour soixante-six et l’Italie pour vingt-cinq :aujourd’hui nous n’en possédons que six. La plus importante, après la maison-mère,est la chartreuse de lllosserville dans la Meurthe . — Les chartreux sont gouvernés parun supérieur général, élu a la pluralité des suffrages en un chapitre général. Lechapitre général se compose des prieurs de toutes les chartreuses succursales quisont en Europe , et de deux visiteurs nommés par les chapitres particuliers, c’est-à-dire par les religieux de chœur de chaque monastère. Toute nomination aux officessupérieurs de Tordre est faite par le chapitre général : ces offices sont remplis parcinq religieux de chœur qui prennent rang dans la hiérarchie ecclésiastique, et for-ment au supérieur général un conseil responsable : ce sont les prieurs généraux. Lechapitre général nomme encore, lorsqu'il y a lieu, un chancelier, deux assesseurs,un greffier et trois référendaires. Autrefois il s’assemblait régulièrement chaqueannée; mais les ordres religieux n’ont plus que des intérêts privés de localité tout àfait en dehors des besoins généraux de Tordre, dont la richesse et l’ancienne impor-tance sont tellement réduites, qu’il a rarement quelques affaires contentieuses pour lasolution desquelles un chapitre général soitnécessaire. .le ne crois pas qu'ily en ait eudeux depuis 1850. Nonobstant cette sorte de désuétude, toutes fois quele chapitre eslencore réuni, tout s’y passe selon les anciennes pratiques de Tordre : le supérieur elles cinq prieurs sont obligés, après avoir imploré le ' ' leurs fautes et obtenu
la continuation de leurs titres, de faire connaître le résultat de leur gestion. Le gref-fier fait ensuite la lecture des statuts de Tordre, et le supérieur, le prieur, le chance-lier, tous ceux enfin que le chapitre a maintenus ou nommés aux offices généraux,doivent s’humilier de nouveau et jurer de se conformer a la règle. Le général deschartreux est le seul des supérieurs d’ordres monastiques qui ait le droit de résiderailleurs qu’à Home. Il ne jouit d’aucun privilège personnel, et ne porte aucun signeextérieur qui révèle sa dignité. Il désigne parmi ses religieux de chœur, deux pèresauxquels il confie l’administration spirituelle et temporelle du monastère, (loin sa-cristain et dom procureur : le premier veille à toutes les observances religieuses: lesecond a sous sa direction immédiate les frères convers et donnés. Il règle l’emploide leur temps, selon les besoins journaliers de la communauté, et il préside aux tra-vaux de l’agriculture. — Les pères vivent séparés : Chacun a sa cellule, et toutes lescellules sont semblables et distribuées ainsi : au rez-de-chaussée, une seule et vastepièce qui sert d’atelier; quelques instruments de jardinage, et, suivant les goûts dureligieux, un établi et des outils de tourneur, de menuisier ou de relieur y sontpêle-mêle; l’étage supérieur se compose d’une grande pièce, espèce de salon où h’religieux reçoit ses visites, el de deux plus petites : Tune sa chambre à coucher :l’autre son cabinet de travail. L’ameublement en est toujours modeste : une horloge-une bibliothèque; de saintes images représentant la Vierge ou les saints, couvrentles murs de la chambre et du cabinet. Dans plusieurs cellules, on trouve des christssculptés, ou des peintures dont les auteurs sont des religieux; ou bien, comme antemps des Fra Angelico da Fiesole et des Fra Bartholoméo, nous avons des religie»*artistes, moins le talent cependant; et,depuis Le Sueur , les révérends pères de la Chai'li euse affectionnent el reçoivent ment messieurs les peintres. — Ton 1