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foule la communauté se réunit au réfectoire, le frère porlier lui-même abaiulonnesou poste et vient déposer ses clefs à côté de l’abbé. Le frère qui sert et celui quifait la lecture sont les seuls qui mangent après le repas commun. La vaisselle esttout ce qu’il y a de plus grossier, les couverts et les écuelles sont en bois. En tempsordinaire, c’est-à-dire trois mois sur douze, la nourriture se compose, au repas deonze heures, de quelques herbages, de pois ou de lentilles, toujours accommodéssans huile ni beurre, cuits à l’eau et avec du sel seulement, et d’un morceau de painnoir et terreux, car, aux termes de leur règlement, le froment ne peut être passé qu’unefois par le crible et la farine doit être employée telle qu’elle sort du moulin; à la collationdu soir, d’un fruit cru et de trois onces de pain. Maintenant, je vous le demande,est-il étonnant que les trappistes meurent généralement si jeunes, tandis que les char-treux ont tous une longue et magnilique vieillesse?—Ce sont les voies les plus opposées,•es sentiments les plus extrêmes qui décident les hommes a se faire trappistes : l’excèsde la vertu et l’exaltation de la piété y conduisent les jeunes gens. Un profond re-pentir y a quelquefois amené des criminels; mais le plus souvent ce sont les âmespassionnées qui viennent, après de longues épreuves et de cruels revers, chercherdans la fatigue du corps et les occupations réglées l’oubli du passé, ou bien unesorte de suicide que la morale ne réprouve pas. Au reste, les trappistes acceptentvolontiers tous ceux qui se présentent, persuadés qu’il faut avoir un courage sur-humain, une vocation bien sincère, pour se condamner à vivre comme ils vivent !heur règle est impartiale et leur justice inflexible dans toutes ses applications ; elleatteint également le convers, le religieux de chœur et l’abbé; indulgente pour le pauvrefrère, elle sévit impitoyablement, si celui qui a transgressé ses devoirs était obligé,par sa position, de veiller sur lesautres et à prêcher par l’exemple.
— Les travaux sont suspendus, etles portes du monastère ont étéfermées à tous les étrangers. Lespères sont réunis au chapitre, etles convers, répandus sous le cloî-f'e, se promènent silencieuse-ment ; mais non sans trahir leuragitation intérieure. Frère Eusè-l } e, l’abbé, rend compte de sa ges-tion. La cloche du chapitre se faitentendre, une double haie se for-me : spectacle inattendu ! FrèreËusèbc est coupable : chacun l’aaccusé, et toute accusation, ici,es t une preuve. On le dépouille( le ses vêtements, et les épaulesnu es, les pieds nus, il est impi-tnyablemenl chasse à coups de